Ca fera 51 ans le 1er août 2011 que la République du Bénin, ex Dahomey, a accédé à l’indépendance. Ce petit pays de l’Afrique de l’Ouest a dès lors connu une histoire tumultueuse avec des hauts et des bas. On retiendra qu’à l’une de ses heures les plus sombres, le peuple a su trouver, par un système de conférence nationale souveraine, une ingénieuse manière pour remettre le pays en selle. C’était en février 1990.

benin_juillet2010_275.jpg

Aujourd’hui, les acquis de cette révolution en douceur s’estompent, les ardeurs et les espoirs suscités se sont émoussés. Démocratie, liberté de presse, élections transparente, bonne gouvernance, quartier latin d’Afrique…ce sont des termes dont on aime se gargariser sur place et qui ont de moins en moins de sens.

Le lundi 1er août, la commémoration de l’indépendance se fera avec faste à Natitingou, une ville phare du Nord-ouest du pays, à plus de 700km de la côte. La fièvre des préparatifs est perceptible et annonce, pour ce cycle annuel, la liesse patriotique circonstancielle dans un éclat de défilés, de discours et de spectacles. On s’attend donc à un long weekend de fête qui a commencé vendredi avec ce qui est localement appelé la « journée continue » : l’administration travaille en continue de 8h à 16h. Des conjectures annoncent que le mardi 2 août pourrait être férié in extrémis sur décision des autorités. C’est de coutume aussi.

Pourtant les béninois vivent depuis 5 ans, une situation de morosité économique quasi générale marquée par la vie chère, la corruption et des tensions politiques.

C’est dans ce contexte, qu’il y a un an, l’affaire ICC service encore appelée « affaire Madoff à la béninoise » a éclaté. Près de 200 millions de dollars ont été escroqués auprès de milliers de citoyens épargnants, par des établissements financiers sur fond de promesse de taux d’intérêts mirobolants. L’affaire est survenue avec la complicité coupable de certaines autorités.

Le gouvernement actuel a fait des promesses de remboursement mais les victimes de cette grosse arnaque attendent toujours et beaucoup de zones d’ombre demeurent.

Les dernières élections présidentielles et législatives n’ont rien arrangé, s’étant déroulées dans un cafouillage monstre, bien orchestré, remettant en cause la crédibilité et la faiblesse de notre système électoral et révélant notre grande fermeture à une démocratie moderne porteuse d’espoirs. Espoirs transformés en abîme de désespoirs pour une jeunesse désemparée soumise au chômage, ne sachant où donner de la tête, obligée qu’elle est de s’abreuver à la source des promesses sans lendemain et de prêter le flanc, par dépit et par nécessité de survie, aux jeux des « politiciens » aveugles et égoïstes à la recherche du personnel actif pour leurs desseins électoraux.

A la veille de la fête de l’indépendance, les nouvelles ne sont pas meilleures. Bien au contraire. Le classement 2011 des économies de tous les pays pour le magazine américain Forbes met le Bénin dans les 10 « pires dégradations économiques de ces trois dernières années », avec, une croissance de son PIB retombée de 4%à 2,5%.

Les défis sont grands pour relever le pays de cette ornière.

Les béninois attendraient-ils toujours l’homme providentiel ?