Le débat sur les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) qui fait rage depuis plusieurs années en Occident et même dans plusieurs pays africains, vient à peine de commencer au Bénin qu’un universitaire, trop emballé a déjà mis le pied dans le plat.
bananier.jpg« C’est parce que vous n’avez jamais connu la faim que vous vous permettez de critiquer les OGM », a déclaré dimanche matin 11 Février 2007, sur une émission de la radio nationale, le professeur Etienne KOUDANDE de l’Université d’Abomey-Calavi, la plus grande du Bénin, avant de reprendre à son compte un adage local qui voudrait "qu’il vaille mieux mourir d’une intoxication alimentaire que de faim". Etienne KOUDANDE réagissait ainsi aux tirs groupés – non sans fondement- de ses interlocuteurs contre l’industrie des OGM. Ce scientifique n’a peut-être pas tort puisque devant la rigueur de la faim, il n’est pas toujours évident de se poser des questions sur la qualité de ce qu’on ingurgite. Mais la question qui se pose c’est bien la pertinence et l’opportunité de tels propos de la part justement de quelqu’un qui est payé par le contribuable pour rendre sa vie plus facile et moins exposé aux risques. A-t-on le droit au nom d’une prétendue lutte contre la faim de donner le coup de grâce à l’affamé? C’est tout un débat d’éthique. Surtout que – c’est connu – les intérêts financiers en jeu sont énormes.
Il est vrai que les conséquences sanitaires des OGM sur l’organisme humain sont encore très peu connues. Il est vrai aussi que les grosses firmes agroalimentaires qui soutiennent ces cultures financent sans compter toutes les initiatives, toutes les actions surtout celles des scientifiques visant à leur dégager des marchés. Il est vrai enfin que monsieur KOUDANDE, du fait de sa position privilégiée ne risque pas de devoir consommer des OGM, donc d’en mourir, s’il en fallait.
Et puis, vous savez quoi ? Il a oublié de présenter des excuses aux béninois comme le lui demandé un auditeur.