Avez-vous remarqué la fécondité de la production discographique béninoise depuis le début de cette de cette décennie ? La musique béninoise se porte comme un charme depuis quelques années. Ses acteurs sont très féconds ; l’on enregistre des centaines de disques et des dizaines de nouveaux artistes chaque année pendant que les anciens progressent à chaque nouvel album. La production coûte de moins en moins chère grâce à une extraordinaire floraison des studios d’enregistrement et à la professionnalisation de leurs techniciens.
115_1527.JPG
Grâce à leur travail mais aussi à leurs textes de moins en moins en langues étrangères, traitant de plus en plus de sujets liés à la vie quotidienne des béninois et distillés dans des rythmes de plus en plus proches de nos rythmes locaux, les artistes musiciens béninois se sont réconciliés avec leur public, trop souvent obligés il y a encore une dizaine d’années de se consoler avec les réussites des musiques congolaise, ivoirienne, ou sahélienne, ou carrément occidentale. Koffi Olomidé, les Wengués, Papa Wemba, Méiway, Didier Bilé et même Francis Cabrel étaient très populaires par ici.
Aujourd’hui les choses ont considérablement changé, la jeune génération à des idoles béninoises en matière de musique et même quand il s’agit du Rap qui est le mouvement musical le plus universel à ce jour chez les 15-25 ans du monde entier. Les groupes comme les Sakpata Boys vers la fin des années 1990 et aujourd’hui les Ardiess, les H2O, les Diamants Noirs….., ont littéralement conquis la jeunesse béninoise. Les radios de proximité dont la floraison au cours de la même période a considérablement accompagné le développement de la discographie béninoise, peuvent à présent programmer de longues variétés nationales sans ennuyer leurs auditeurs.
Mais il reste cependant que la musique béninoise puise davantage son inspiration dans ses racines qu’elle ne le fait actuellement. Certes le Tchink Système inventé par Tohon Stan et inspiré du "Tchinkounmè, ce rythme typique de la culture Mahi du centre du Bénin a été adopté par beaucoup de jeunes artistes qui tentent même des mariages exquis avec d’autres rythmes étrangers pour en sortir de très bonnes mélodies. Mais la musique moderne béninoise reste encore assez extravertie. Ses musiciens ont encore - réplique des décennies 80 et 90 - un trop grand tropisme pour le Zouglou ivoirien et le Soukous congolais par exemple et leurs dérivés, au détriment des rythmes locaux qui ont aussi besoin, comme tous les autres, d’être connus par les autres civilisations. Il ne s’agit surtout pas pour nous de défendre un quelconque chauvinisme culturel ; mais il ne s’agit pas non plus d’encourager quelque aliénation que ce soit, car il a bien fallu que Didier BILE lance le Zouglou et que les artistes ivoiriens le suivent pour qu’il se soit imposé à ce point. Il revient à chaque peuple de promouvoir sa propre culture.
Le débat est ouvert !!!!!!