Le formidable essor de la musique béninoise
Par Bertrand le jeudi 8 février 2007, 17:11 - musique - Lien permanent
Avez-vous remarqué la fécondité de la production discographique béninoise
depuis le début de cette de cette décennie ? La musique béninoise se porte
comme un charme depuis quelques années. Ses acteurs sont très féconds ;
l’on enregistre des centaines de disques et des dizaines de nouveaux artistes
chaque année pendant que les anciens progressent à chaque nouvel album. La
production coûte de moins en moins chère grâce à une extraordinaire floraison
des studios d’enregistrement et à la professionnalisation de leurs
techniciens.

Grâce à leur travail mais aussi à leurs textes de moins en moins en langues
étrangères, traitant de plus en plus de sujets liés à la vie quotidienne des
béninois et distillés dans des rythmes de plus en plus proches de nos rythmes
locaux, les artistes musiciens béninois se sont réconciliés avec leur public,
trop souvent obligés il y a encore une dizaine d’années de se consoler avec les
réussites des musiques congolaise, ivoirienne, ou sahélienne, ou carrément
occidentale. Koffi Olomidé, les Wengués, Papa Wemba, Méiway, Didier Bilé et
même Francis Cabrel étaient très populaires par ici.
Aujourd’hui les choses ont considérablement changé, la jeune génération à des
idoles béninoises en matière de musique et même quand il s’agit du Rap qui est
le mouvement musical le plus universel à ce jour chez les 15-25 ans du monde
entier. Les groupes comme les Sakpata Boys vers la fin des années 1990 et
aujourd’hui les Ardiess, les H2O, les Diamants Noirs….., ont littéralement
conquis la jeunesse béninoise. Les radios de proximité dont la floraison au
cours de la même période a considérablement accompagné le développement de la
discographie béninoise, peuvent à présent programmer de longues variétés
nationales sans ennuyer leurs auditeurs.
Mais il reste cependant que la musique béninoise puise davantage son
inspiration dans ses racines qu’elle ne le fait actuellement. Certes le Tchink
Système inventé par Tohon Stan et inspiré du "Tchinkounmè, ce rythme typique de
la culture Mahi du centre du Bénin a été adopté par beaucoup de jeunes artistes
qui tentent même des mariages exquis avec d’autres rythmes étrangers pour en
sortir de très bonnes mélodies. Mais la musique moderne béninoise reste encore
assez extravertie. Ses musiciens ont encore - réplique des décennies 80 et 90 -
un trop grand tropisme pour le Zouglou ivoirien et le Soukous congolais par
exemple et leurs dérivés, au détriment des rythmes locaux qui ont aussi besoin,
comme tous les autres, d’être connus par les autres civilisations. Il ne s’agit
surtout pas pour nous de défendre un quelconque chauvinisme culturel ;
mais il ne s’agit pas non plus d’encourager quelque aliénation que ce soit, car
il a bien fallu que Didier BILE lance le Zouglou et que les artistes ivoiriens
le suivent pour qu’il se soit imposé à ce point. Il revient à chaque peuple de
promouvoir sa propre culture.
Le débat est ouvert !!!!!!