Le 10 janvier est depuis une dizaine d’années jour férié au Bénin. C’est la journée consacrée à la religion traditionnelle. Encore appelée animisme ou vodou, elle constitue un patrimoine, un vestige cultuel et culturel du Bénin et de l’Afrique. Offrandes, sacrifices et libation sont faits aux différentes divinités au cours des festivités de ce jour.

Issu de la langue béninoise Fon, le terme vodou n’a pas une signification précise. Certaines interprétations littérales l’assimilent à une source inépuisable où l’adepte est invité à puiser de façon allègre. Mais par consensus, le vodou est défini comme la puissance surnaturelle transcendante ; l’insondable. Il repose sur la croyance d’un Dieu suprême mâle et femelle (Mahu et Lissa) qui ont enfanté différentes divinités. Ces divinités sont à la fois matérielles et immatérielles. Elles sont incarnées dans les arbres, dans l’air, la terre, l’eau...
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C’est à travers les rituels, les incantations, la transe, les chants et danses, que les adeptes établissent le contact avec les divinités et les esprits des ancêtres. Il est primordial de consulter l’oracle (le message de la divinité) grâce au . Un dignitaire du vodou procède à cette consultation impérative avant toute cérémonie. Il se sert d’une sorte de chapelet fait avec des noyaux de pomme locale ou d’un ensemble hétéroclite composé de vertèbres d’animaux, de coquillages et de noyaux. Il faut alors exécuter à la lettre les prédictions afin de bénéficier de l’assistance et de la protection des divinités. Il est répertorié près de trois cents divinités dont les principales sont entre autres :
Lègba : il est matérialisé par une motte de terre plus ou moins géante érigée souvent à l’entrée des villages, des maisons ou au cœur des marchés. Il est censé apporter protection, paix et prospérité, il peut également punir.
Xêvioso : c’est une divinité du ciel qui se manifeste par la foudre. Symbolisé par une double hache, il est le dieu justicier qui châtie les voleurs, les menteurs, les malfaiteurs.
"Sakpata": encore appelé la terre, il est très craint et les gens n’osent pas prononcer son nom. C’est la divinité qui propage la variole.
Dan : c’est le serpent. Il se manifeste à travers l’arc-en-ciel. Il peut aussi se présenter aussi sous forme d’un homme et combler de richesses ceux qui l’accueillent bien.
Gou : c’est la divinité des forgerons, des chasseurs ou de tous ceux qui manipulent le fer ou les armes en fer. C’est un dieu représenté par un amas de ferrailles. Il protége mais il peut punir également par des accidents sanglants.

Chacune de ces divinités a des adeptes initiés qui leurs font périodiquement les cérémonies idoines. Qu’on soit croyant ou non, le vodou reste une réalité culturelle forte dans laquelle on naît et avec laquelle on vit au Bénin et dans certains pays africains. Le vodou a été exporté sur le continent américain grâce à la traite négrière. Au Brésil en Haïti et aux Etats-Unis (Louisiane) plus précisément, les divinités, les noms, les rituels et les incantations sont quasi similaires à ce qui se fait au Bénin.

Le champ du vodou reste encore aujourd’hui très vaste, ésotérique et complexe. Et le mystère est bien entretenu au sein des couvents et forêts sacrées où l’héritage est légué au fil des générations à travers une tradition orale.