Le vodou à l’honneur au Bénin.
Par Géraud le lundi 8 janvier 2007, 00:02 - Actualité/info - Lien permanent
Le 10 janvier est depuis une dizaine d’années jour férié au Bénin.
C’est la journée consacrée à la religion traditionnelle. Encore appelée
animisme ou vodou, elle constitue un patrimoine, un vestige cultuel et culturel
du Bénin et de l’Afrique. Offrandes, sacrifices et libation sont faits aux
différentes divinités au cours des festivités de ce jour.
Issu de la langue béninoise Fon, le terme vodou n’a pas une
signification précise. Certaines interprétations littérales l’assimilent à une
source inépuisable où l’adepte est invité à puiser de façon allègre. Mais par
consensus, le vodou est défini comme la puissance surnaturelle
transcendante ; l’insondable. Il repose sur la croyance d’un Dieu suprême
mâle et femelle (Mahu et Lissa) qui ont enfanté différentes
divinités. Ces divinités sont à la fois matérielles et immatérielles. Elles
sont incarnées dans les arbres, dans l’air, la terre, l’eau...

C’est à travers les rituels, les incantations, la transe, les chants et
danses, que les adeptes établissent le contact avec les divinités et les
esprits des ancêtres. Il est primordial de consulter l’oracle (le message de la
divinité) grâce au Fâ. Un dignitaire du vodou procède à cette
consultation impérative avant toute cérémonie. Il se sert d’une sorte de
chapelet fait avec des noyaux de pomme locale ou d’un ensemble hétéroclite
composé de vertèbres d’animaux, de coquillages et de noyaux. Il faut alors
exécuter à la lettre les
prédictions afin de bénéficier de l’assistance et de la protection des
divinités. Il est répertorié près de trois cents divinités dont les principales
sont entre autres :
Lègba : il est matérialisé par une motte de
terre plus ou moins géante érigée souvent à l’entrée des villages, des maisons
ou au cœur des marchés. Il est censé apporter protection, paix et prospérité,
il peut également punir.
Xêvioso : c’est une divinité du ciel qui se
manifeste par la foudre. Symbolisé par une double hache, il est le dieu
justicier qui châtie les voleurs, les menteurs, les malfaiteurs.
"Sakpata": encore appelé la terre, il est très craint et les
gens n’osent pas prononcer son nom. C’est la divinité qui propage la
variole.
Dan : c’est le serpent. Il se manifeste à
travers l’arc-en-ciel. Il peut aussi se présenter aussi sous forme d’un homme
et combler de richesses ceux qui l’accueillent bien.
Gou : c’est la divinité des forgerons, des
chasseurs ou de tous ceux qui manipulent le fer ou les armes en fer. C’est un
dieu représenté par un amas de ferrailles. Il protége mais il peut punir
également par des accidents sanglants.
Chacune de ces divinités a des adeptes initiés qui leurs font périodiquement les cérémonies idoines. Qu’on soit croyant ou non, le vodou reste une réalité culturelle forte dans laquelle on naît et avec laquelle on vit au Bénin et dans certains pays africains. Le vodou a été exporté sur le continent américain grâce à la traite négrière. Au Brésil en Haïti et aux Etats-Unis (Louisiane) plus précisément, les divinités, les noms, les rituels et les incantations sont quasi similaires à ce qui se fait au Bénin.
Le champ du vodou reste encore aujourd’hui très vaste, ésotérique et complexe. Et le mystère est bien entretenu au sein des couvents et forêts sacrées où l’héritage est légué au fil des générations à travers une tradition orale.
Commentaires
C'est une bonne idée que d'avoir consacré un billet au vodou, culte méconnu, souvent caricaturé. Sur son acculturation au Brésil, il est possible de consulter le site consacré à Pierre Verger : www.pierreverger.org/fr/
Le vodou reste en effet méconnu et vite caricaturé à tord ou à raison. J'ai justement voulu profiter de la fête pour en paler. Sachant que mon billet n'est juste qu'un résumé.
J'ai trouvé de très intéressantes photographies de cérémonies vodou au Bénin et au Brésil (surtout) sur le site www.pierreverger.org/fr/. Merci pour l'info.
slt frere merci pour ce clin d'oeil sur le vodoun .fier d'etre beninois.
C'est à moi de vous remercier d'être passé me lire. C'est un plaisir de parler de ma culture, notre culture. Je vous invite à lire très prochainement mon article sur le Fêzan.
Fier d'etre beninois. Je voudrais qu'on me tienne informé des manifestations (foires, expositions, rencontres) dans le monde qui ont pour but de promouvoir la culture vodoun. Cela nous permettrait d.e planifier notre participation