Noël au Bénin, un jeu d’enfants !!!
Par Géraud le mercredi 13 décembre 2006, 18:49 - Actualité/info - Lien permanent
__ Noël !!! C’est très proche et
l’effervescence des préparatifs est perceptible dans les villes françaises avec
la décoration particulière des rues et des appartements qui s’affine au jour le
jour. La fièvre de l’imminence de la fête est également remarquable dans les
grandes surfaces et magasins. L’affluence particulière en ces lieux et le
défilé de caddies remplis de jouets constituent des signes qui ne trompent pas.
Noël, en France, reste une fête familiale, une occasion où « le Père
Noël » fait des cadeaux aussi bien aux enfants qu’aux adultes.
A mille lieux de Paris, à Cotonou la capitale économique du Bénin, la fête de
Noël s’annonce aussi. Des rues sont plus ou moins décorées avec des guirlandes
et des portraits du Père Noël (avec sa barbe blanche et son manteau rouge) qui
trônent sous une température de 32° environ. Dans les magasins, les jouets pour
enfant et les soldes en général rivalisent. Ici, Noël, c’est avant tout la fête
des enfants. C’est aux enfants qu’on fait des cadeaux. A comparer aux enfants
en France, le Père Noël ne passe pas systématiquement et le nombre de cadeaux
reçu par enfant est très limité. Ils sont donc très nombreux les enfants qui ne
reçoivent aucun cadeau. Pourtant, ils fêtent Noël à leur façon.__
Les masques kaléta
C’est fréquent de rencontrer en novembre décembre dans les rues au Bénin,
des groupes d’enfants ou d’adolescents accompagnant un masque. Il s’agit des
groupes de Kaléta. C’est souvent un groupe d’une dizaine de personnes,
une bande structurée en chanteurs en joueurs d’instruments (sommaires) avec un
ou deux enfants accoutrés et masqués. Ils circulent de maisons en maisons
offrant leur show et moyennant la gratification de quelque menue monnaie. Des
chansons populaires de Noël sont exécutées et le Kaléta (le masque)
danse avec brio. Après la gratification, une chanson de remerciement ferme la
marche. Mais lorsque le spectacle n’est pas suivi du geste attendu, la séance
est conclue avec une chanson dédiée à l’avare, tout ceci dans une ambiance
conviviale.
Kaléta, à l’origine est importé du Brésil. C’est l’héritage du retour massif
d’anciens esclaves du Brésil sur le Golfe du Bénin entre 1830 et 1835. Il ressemble
assez bien au Buriyan, danse festive de masques caractéristique des
milieux Agouda (nom donné aux afro-brésiliens) de la ville de Ouidah (Anciennement cité de départ des esclaves, Ouidah
portent encore aujourd’hui les cicatrices de ce passé douloureux).
Depuis lors, la tradition du Kaléta a été appropriée et transmise de
génération en génération par les enfants au Bénin. Il reste néanmoins un show
exclusif de la période de Noël durant lequel les enfants se font doublement
plaisir. La joie de chanter, de jouer en groupe et la possibilité de se faire
des sous. Un groupe bien organisé et dynamique, avec un masque original peut
s’attendre à un partage conséquent à la fin de la tournée.
Au fil des ans, ils sont nombreux ceux qui pensent que cette bonne ambiance de
Noël s’émousse. L’urbanisation, le coût des masques, les
contraintes liées à la constitution de groupes… en seraient les causes. Il est
tout de même évident que de nouvelles pratiques plus solitaires ont vu le jour.
Beaucoup d’enfants se mettent à la fabrication de crèche.
Les cartons ambulants
Les enfants qui n’ont pas envie ou qui n’ont pas la possibilité de
constituer des groupes ont eu l’idée de la fabrication de crèche. Un carton,
quelques images religieuses et gadgets, des bougies et ça y est ! La
crèche est prête à être promenée. Le principe est similaire à celui du Kaléta.
La crèche est présentée aux adultes avec une chanson de souhait de vœux, contre
gratification, bien entendu. Cependant ce n’est pas drôle de promener les
crèches la journée. Les cartons ambulants ont plus de succès le soir : la
bougie illumine les images. Ceux qui sont les mieux décorés se font remarquer
facilement dans le lot des cartons lumineux ambulants qu’on rencontre sur les
places publiques ou dans les rues. La présentation de la crèche s’accompagne
toujours d’une seule et même chanson « Dodémè kpo homè hun hun kpo.. . »,
refrain d’une chanson chrétienne d’appel à contribution. Seulement l’appel
n’est pas toujours entendu par les adultes.
Si les groupes de kaléta arrivent encore à séduire avec le masque et
l’originalité de l’accoutrement, les cartons ambulants quant à eux peinent à
convaincre les adultes à mettre la main à la poche. Pour autant, les enfants ne
se découragent pas. Apparemment, ils savent bien s’amuser à Noël. 
Commentaires
Voilà un article très bien documenté qui me fournit un exemple, que j'ignorais, des relations qui lient le Bénin (où je me suis rendu deux fois) et le Brésil où je vis. Encore bravo !
Article riche en renseignements sur les liens qui unissent le Brésil, mon pays, et le Bénin. Le Brésil a beaucoup hérité de la culture africaine: un passé douloureux, mais qui constitue, aujourd'hui, la richesse du Brésil (d’ailleurs ne dit-on pas qu' "après la pluie vient le beau temps" ?). Et je suis heureuse d’apprendre que cette transmission de coutumes s’est faite dans les deux sens (bien que, fort heureusement, dans des meilleures circonstances) !!!
Merci à tous pour vos remarques
ca c vrai!! merci :)
en qlq sotrte oui 10/10 :)
Cet article m'a paru fascinant, c'est une réussite, bonne continuation.