Regard'ailleurs

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dimanche 6 mai 2007

Africa Paradis, un film politiquement incorrect ?

africaparadis.gifAprès avoir tenu plusieurs petits rôles au cinéma, Sylvestre Amoussou crée son propre univers. AFRICA PARADIS, c'est le premier long métrage de ce béninois qui vit en France. Dans son film, Sylvestre Amoussou inverse les rôles en créant un paradis africain où les blancs sont obligés d'aller chercher le bonheur qui leur manque.

Le film sorti en février en France est précédé d'une controverse au niveau de la distribution. Personne ne veut prendre le risque de distribuer un film qui change tout.
Au Festival panafricain du cinéma et de télévision de Ouagadougou (FESPACO 2007), AFRICA PARADIS a tout de même reçu un accueil favorable auprès du public. Godefroy Macaire CHABI a rencontré pour vous le réalisateur. Interview de Sylvestre AMOUSSOU.

dimanche 22 avril 2007

La mangue sensuelle

manguesensuelles.jpgLa mangue, fruit tropical de saison, bien appréciée au Bénin a ici subi une métaphore poétique. « La mangue du village » est le titre du poème de Dallys-Tom Medali, agent commercial dans une compagnie de transport maritime à Cotonou. A travers son texte, il chante la beauté de la princesse du village aux « déhanchements rythmiques », et aux « contorsions hallucinantes »…

Dallys-Tom Medali est sacré « Lauréat du concours du mois de mars 2007 » et figure au palmarès des auteurs de poésie érotique sur le site du concours. Découvrez l’intégralité de cette œuvre : « La mangue du village ».

"J'suis blanc" Kamini

kamini.jpgAprès le récit musical très comique sur son village paumé, Marly-Gomont, en Picardie, la révélation du Web, Kamini revient avec un nouveau clip : « J’suis blanc ». Pas de pâturage, pas de vache mais le régime humoristique est resté le même. La chanson pose le problème du racisme dans la société française.kamini2.jpg
Muté en blanc pour 9 semaines, tout change pour lui : argent, logement, les flics, les gens…

Clip très drôle à voir. "J'suis blanc"

mardi 17 avril 2007

Famille JAH : La preuve que le retour en Afrique est possible

Le-couple-Jah.jpg Imaginez des familles noires américaines émigrant par vague vers l’Afrique. Imaginez un afflux de plus en plus croissant de ces personnes vers le continent noir, la terre de leurs ancêtres déportés en Amérique par les négriers. On n’en est hélas pas encore là. On en est peut-être encore loin. Mais cette perspective, la famille JAH y crois très fort. Le 15 Avril 1997, cette famille française rastafari de la Guadeloupe débarquait au Bénin, la terre d’où ses ancêtres auraient été déportés.
Retourner définitivement en Afrique après plusieurs siècles "d’exile". Le projet paraît bien évidemment audacieux. Certains l’avaient même trouvé complètement débile. « Les médias européens nous avaient donné trois mois pour repartir en Guadeloupe », déclare toute émue Mère JAH, comme on l’appelle affectueusement au Bénin.
Dix ans après, elle n’a pas regretté sa décision de suivre son mari, le Père JAH, leurs quatre enfants et quelques uns de leurs neveux, abandonnant les nombreux privilèges que leur offre la nationalité française.
Pour elle comme pour sa famille ce retour est une victoire, «une victoire sur une histoire qui avait déjà écrit "la porte du non retour" mais que nous faisons mentir par ce retour ». La famille JAH est très populaire au Bénin où elle bénéficie d’un accueil très hospitalier de la part des populations qu’elle côtoie. Ce retour a d’ailleurs été encouragé par l’ancien président Mathieu Kérékou lui-même.

Aujourd’hui, la famille anime une école, "l’école endogène Jardin de la Fraternité" qui accueille et éduque chaque année des dizaines d’enfants démunis. Elle a initié également un projet d’agriculture biologique au profit des adolescents et jeunes béninois désireux de pratiquer l’agriculture. Et pour ne pas être un sas unique (car il faut bien reconnaître que cette expérience ne fait pas encore beaucoup d’émules), la famille JAH a créé une ambassade culturelle de la diaspora du peuple de Jah (le peuple de Dieu) pour "permettre aux générations déportées d’avoir une adresse (…) en terre d’Afrique". La-famille-Jah.jpgCette structure organise chaque année des pèlerinages en terre africaine pour des africains américains. Mais cette expérience, loin s’en faut, n’est pas une partie de plaisir. Quelques petits écueils persistent encore. Mais "ils sont dus à l’ignorance et à l’amnésie des africains d’aujourd’hui qui ont oublié ce crime perpétré contre leur race", banalise le Père JAH qui assure que cela ne peut qu’être passager.

samedi 24 mars 2007

Les masques traditionnels du Bénin

J’ai vu au cours de mes voyages dans des pays d’Afrique au sud du Sahara, beaucoup de masques en magasins et parfois des masques dansants. Pour avoir baigné dans l’environnement des masques depuis mon enfance, rien d’étonnant pour moi.
Le premier masque, je l’ai vu à trois ans. Il s’agit du masque Kaléta et j’en avais très peur. Je m’en souviens comme si c’était hier. Bien évidemment, j’ai su plus tard que c’était du divertissement et qu’il ne faut pas fuir à l’approche du Kaléta. danse_enfants_benin.jpgPourtant, nombreux sont les masques au sud du Bénin qui restent pour moi des mystères. Ils sont en effet présentés comme étant du Vaudou et seuls les adeptes ou les initiés ont le droit de les approcher. Les masques ont dans mon pays, une fonction culturelle et cultuelle très importante.
Cet article ne sera donc qu’une présentation simpliste et facile des masques au Bénin. Car en la matière, tout n’est pas dit et tout ne se dit pas. Les traditions du masque sont encore ésotériques et se transmettent lors des initiations dans les forêts sacrées ou dans des temples dédiés.
Je vois les masques en deux catégories : les masques de divertissement et les masques sacrés.

Kaléta et Buriyan
Ces deux sortes de masques sont des résidus de transmissions culturelles liées au retour des anciens esclaves brésiliens sur la Côte des esclaves au XIXème siècle. Ils sont très proches des masques des carnavals du Brésil actuel.benin_buriyan_masque.jpg
D’un côté le'' Kaléta'' reste une danse festive et joyeuse des enfants, dans les rues en période de Noël. De l’autre, le Buriyan est utilisé pour égayer les fêtes et les cérémonies principalement chez les Agouda (milieu afro-brésilien de Ouidah et de Porto-Novo). Il alterne danses et comédies mettant en exergue différents personnages. A ces deux masques, on peut ajouter les échassiers masqués qui jouent pratiquement le même rôle.benin_echassier_masque.jpg

Le deuxième groupe de masques regroupe ceux qui sont considérés comme étant sacrés et ayant une fonction cultuelle bien déterminée. IL faut distinguer également dans cette catégorie, les masques objets et les masques animés.

Les masques objets :
Il s’agit de tous les masques en bois, en terre cuite, en métal qui représentent les jumeaux, les ancêtres ou des divinités.

Les jumeaux
Les jumeaux (Ibédji, Hovi) sont presque vénérés dans la culture fon et yoruba. La tradition et les croyances considèrent qu’ils apportent la paix, la prospérité, le bonheur dans le foyer où ils sont nés. Quand un jumeau meurt, une figurine sensée le représenter est sculptée. La statuette est supposée conserver son âme. Les parents du défunt ont l’obligation de prendre soin indéfiniment et symboliquement de cette statuette (nourriture, bain, vêtement…) comme s’il était vivant.

Les divinités
On les retrouve au marché, sur les places publiques, devant des maisons, à l’entrée de villages, dans les couvents et dans les sanctuaires et temples du Vaudou etc. Des soins sont également pris et des cérémonies sont faites souvent pour toutes ces masques qui sont l’incarnation physique d’un esprit, d’un ancêtre ou d’une divinité. Ces masques jouent un rôle très important dans les représentations et dans les croyances.

Les masques animés
Ils sont considérés aussi comme étant des Vaudous, c'est-à-dire des divinités incarnées. On en distingue plusieurs sortes :

Zangbéto
Littéralement signifie en langue Fon, « l’Homme de la nuit ». Dans les anciens royaumes du sud du Bénin (Porto-Novo notamment) , ils jouent le rôle de gendarme. Ce rôle de sécurité dévolue subsiste encore aujourd’hui. Ce masque peut être vu en journée avec son accoutrement en forme d’une case conique en pailles. masque_zangbeto_benin.jpgA l’occasion de cérémonies, ils sortent, dansent et exécutent de tour de « magies ». Ils parlent souvent mais leurs paroles sont souvent entrecoupées de sons de trompe en corne. Mais le ''Zangbéto'', comme son nom l’indique (Homme de la nuit) est un masque noctambule. Il a une grande activité la nuit. Seuls les initiés ont le droit de participer à ces activités. Je ne peux pas en dire davantage. Sachez simplement, qu’ils jouent un rôle de sécurisation de l’endroit où ils sortent la nuit.


Egun ou Kouvito
Il s’agit des maques revenants. Ce sont des masques de la culture Yorouba, qu’on retrouve également chez les Fon. Ils incarnent les défunts d’une famille ou d’une collectivité familiale. Ils sortent surtout dans le cadre de cérémonie consacrées aux défunts. Ils font d’abord le tour de la ville ou du village avant de donner un grand spectacle à la place publique. Certains de ces masques aiment courir après les enfants et adolescents qu’ils flagellent au passage. Ils parlent, souvent en Yoruba, avec une voix nasillarde. Il est recommandé de ne pas les toucher et d’éviter que leur accoutrement ne vous touche. Car ça porte malheur selon la tradition.


Guèlèdè
C’est le masque spécifique de sociétés secrètes des femmes de la culture Nago-Yoruba du Bénin. Les hommes accompagnent en tant que porteurs de masques et musiciens. Le rituel de ce masque exprime la mauvaise conscience de l’homme vis-à-vis de la femme et loue par la même occasion, la déesse mère créatrice Odoudoua. Le Gèlèdè sort donc pour apaiser les femmes et ramener l’harmonie sociale. La danse des masques est précédée d’une grande cérémonie nocturne à distinguer de la danse festive en journée. La danse Guèlèdè est inscrite au patrimoine mondial intangible par l’Unesco. Benin-masque_guelede.jpg


Oro
C’est aussi un masque caractéristique de l’aire culturelle Yoruba. C’est un masque qui abrite les forêts sacrées. Seuls les initiés peuvent participer aux rituels de ce masque qui sort essentiellement la nuit. De grandes cérémonies annuelles ont lieu dans certaines localités du sud-est du Bénin. Lors de ces cérémonies qui peuvent durer plusieurs jours parfois, il est strictement interdit aux non initiés de mettre le nez dehors.


Bliguédé
C’est un masque de société secrète de nuit. Il sort donc la nuit et joue, semble t-il, un rôle de sécurisation physique et métaphysique. Il est conseillé d’éviter le secteur où ils (masques et accompagnateurs) sont la nuit. C’est un masque que j’ai rencontré dans des villages de l’aire culturelle Aïzo au Sud du Bénin. Leurs cérémonies sont signalées à l’entrée des villages par un long bambou planté, décoré de rameaux de palmier.


La liste des masques n’est pas exhaustive et ce texte n’est qu’un indicatif, une brève présentation de la richesse culturelle que constituent les masques au Bénin. Il est cependant très important de signaler que le pays est fortement axé sur les valeurs et le patrimoine traditionnels. Ces différents rituels des masques sont des pratiques ancestrales qui subsistent aux changements sociaux et à la modernisation. C’est d’ailleurs grâce à ces dernières que des forêts sacrées existent encore aujourd’hui.

C’est bien et intéressant d’aller voir les masques danser lors des cérémonies organisées en journées et au cours des quelles des spectateurs non initiés sont admis. En revanche, il ne faut JAMAIS s’amuser à braver les interdits et chercher à percer le secret des masques la nuit surtout. Cela relève du domaine du tabou, de l’inviolable. Ceux qui veulent en savoir davantage peuvent demander l’initiation.

samedi 10 mars 2007

Un métissage musical avec le balafon et le vibraphone.

LansineKouyate_DavidNeerman.jpgPour le meilleur et pour la musique.
Ainsi se résume pour moi, le mariage parfait et réussi entre un balafon et un vibraphone. Lansine Kouyate au balafon, David Neerman au vibraphone ont réussi ce mélange harmonieux de sons et de rythmes, qui a donné un genre à cheval sur le Jazz et la musique Mandingue (malienne).
Ce fut un plaisir d’assister à leur concert le mois dernier au Satellite Café dans le 11ème à Paris. Accompagnés d’un batteur et d’un contrebassiste, ils ont distillé une inédite musique métissée. Rien que de l’instrumental. Parfois rythmique, parfois syncopé, le son est à la fois très agréable à l’oreille et très captivant. Quelques compositions avaient des titres en Bambara (une langue malienne). Celle que j’ai particulièrement appréciée a pour titre « Jaarabi », il s’agit simplement d’un hymne d’amour. Pour tous ceux qui veulent les voir à l’œuvre, sachez qu'ils seront en concert du 27/05/2007 au 10/06/2007 au CAFE LITTERAIRE-MAROQUINERIE 23,rue Boyer 75020 PARIS. En avant goût, je vous invite à découvrir quelques unes de leurs oeuvres.

mardi 6 mars 2007

Quintessence,le Festival International du Film de Ouidah s’invite à Melun en France.

Quintessence, le festival international du film de Ouidah s’exporte à Melun en France du 7 au 10 mars 2007. Trois longs métrages et un court métrage primés à la 5ème édition de Quintessence (Janvier 2007) seront projetés à l’auditorium de l’Astrolabe en présence des artistes. Ces projections s’inscrivent dans le cadre des activités liées au jumelage de Ouidah (Bénin) et de Melun (France).
quintessence_img.jpgInitié par le cinéaste béninois Jean Odoutan, Quintessence, le festival international du film de Ouidah se déroule tous les ans. Il se positionne comme un créneau de promotion de films nouveaux, pertinents et originaux et de dialogue multiculturel. Les sélections officielles du festival sont constituées de longs métrages de fiction (cinéma et télévision) de courts métrages de fiction et de documentaires.
Voici les œuvres primées à la 5ème édition :

  • Python Royal, grand prix du festival : "Si le vent soulève les sables" de Marion

Hänsel (Belgique)

  • Python Pygmée, prix du court-métrage : "Binta et la grande idée" de Javier

Fesser (Espagne-Sénégal)

  • Python Papou, prix du documentaire : "Calypso at Dirty Jim's " de Pascale Obolo (Trinidad) - Mention spéciale du jury : "Congo River" de Thierry Michel

(Belgique-Congo) - Encouragements du jury : "Juste un peu d'amour" de Jemima Catraye (Bénin) .

  • Python Children, prix du public : "Héritages, la sorcière" de Francis Zossou

(Bénin)

  • Prix Henri Duparc : "Bul Deconné" de Massaer Seng et Marc Picavez

(France-Sénégal, long métrage). Python à Tête noire, Prix du scénario : "Kinshasa Palace" de Zéka Laplaine (RDC)
Jean Odoutan a également fondé l’Institut Cinématographique de Ouidah (ICO), première école africaine gratuite de l'image, du son et de réalisation de films d'Animation.

mercredi 28 février 2007

"Africa Paradis" Rappel

africaparadis.gifPour ceux qui ont lu mon précédent billet sur ce film réalisé par le Béninois Sylvestre Amoussou, c'est aujourd'hui le jour J. On peut voir ce film à Espace Saint-Michel - 7 place Saint-Michel 75005 PARIS - Métro Saint Michel. Il semble que les cartes " PASS " ET " UGC ILLIMITE " sont acceptées. C'est donc ce soir à 2Oh20. Consulter la bande annonce. Consulter les horaires de programmation.

jeudi 15 février 2007

OGM : La bourde d’un universitaire béninois

Le débat sur les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) qui fait rage depuis plusieurs années en Occident et même dans plusieurs pays africains, vient à peine de commencer au Bénin qu’un universitaire, trop emballé a déjà mis le pied dans le plat.
bananier.jpg« C’est parce que vous n’avez jamais connu la faim que vous vous permettez de critiquer les OGM », a déclaré dimanche matin 11 Février 2007, sur une émission de la radio nationale, le professeur Etienne KOUDANDE de l’Université d’Abomey-Calavi, la plus grande du Bénin, avant de reprendre à son compte un adage local qui voudrait "qu’il vaille mieux mourir d’une intoxication alimentaire que de faim". Etienne KOUDANDE réagissait ainsi aux tirs groupés – non sans fondement- de ses interlocuteurs contre l’industrie des OGM. Ce scientifique n’a peut-être pas tort puisque devant la rigueur de la faim, il n’est pas toujours évident de se poser des questions sur la qualité de ce qu’on ingurgite. Mais la question qui se pose c’est bien la pertinence et l’opportunité de tels propos de la part justement de quelqu’un qui est payé par le contribuable pour rendre sa vie plus facile et moins exposé aux risques. A-t-on le droit au nom d’une prétendue lutte contre la faim de donner le coup de grâce à l’affamé? C’est tout un débat d’éthique. Surtout que – c’est connu – les intérêts financiers en jeu sont énormes.
Il est vrai que les conséquences sanitaires des OGM sur l’organisme humain sont encore très peu connues. Il est vrai aussi que les grosses firmes agroalimentaires qui soutiennent ces cultures financent sans compter toutes les initiatives, toutes les actions surtout celles des scientifiques visant à leur dégager des marchés. Il est vrai enfin que monsieur KOUDANDE, du fait de sa position privilégiée ne risque pas de devoir consommer des OGM, donc d’en mourir, s’il en fallait.
Et puis, vous savez quoi ? Il a oublié de présenter des excuses aux béninois comme le lui demandé un auditeur.

mercredi 14 février 2007

Le « Fê Zan » ou le calendrier lunaire.

lune.jpgEmménager dans une nouvelle maison, effectuer un voyage important, inaugurer son entreprise, faire une cérémonie, se marier ; bref choisir le jour d’un événement décisif ou important dans sa vie ne se fait pas au hasard au Bénin. A défaut de consulter l’oracle (en allant voir un prêtre du Vodou), beaucoup de personnes consultent le calendrier lunaire : le Fê zan.
Le calendrier lunaire compte des cycles de semaines appelées . Une semaine est composée de 9 jours, allant du Mèdjo à . Ces différents jours correspondent à une étape particulière dans la vie, ils sont interdépendants et ont chacun une prescription particulière.
Voici l’ordre et la signification des différents jours :

  1. Mêdjo : c’est la naissance de l’être humain, le point de départ de la vie, premier jour lunaire. C’est le jour favorable par excellence pour entreprendre quelque chose d’important. C’est davantage conseillé d’agir ou de choisir ce jour surtout quand il correspond à un jeudi.
  2. Mêkou : signifie la mort de l’être humain. Deuxième jour lunaire, il fait partie des jours de malheur. Il est donc déconseillé de le choisir. Néanmoins, il peut bien convenir aux enterrements ou aux sacrifices pour les défunts.
  3. Vodoun : jour du sacré, jour vaudou, troisième jour, s’interprète comme la mutation en un esprit ou en un dieu de celui meurt. Il est du lot des jours favorables. Il est surtout recommandé de démarrer les cérémonies (cultuelles) quand Vodoun tombe sur un dimanche.
  4. Azon : correspond à la maladie, quatrième jour. C’est un mauvais jour. Le mort incarné dans l’esprit, est susceptible de hanter son milieu de vie avant la mort et d'y faire planer la malédiction, la maladie, qu’il faut conjurer.
  5. Vo : c’est le sacrifice, cinquième jour lunaire. C’est par le Vo qu’on peut conjurer le mauvais sort ou rompre un maléfice. Il peut être considéré comme un bon jour.
  6. Houè : c’est le jugement. La pose des ingrédients sacrificiels du Vo peut engendrer dans le voisinage, des disputes, conflits et des menaces. C’est un mauvais jour.
  7.  : le sort (bon ou mauvais). C’est la conséquence du conflit du Houè. Les protagonistes se jettent des maléfices. Septième jour lunaire, c’est un bon jour pour jeter des sorts (bons ou mauvais) surtout quand ça tombe sur un mardi.
  8. Hin ou  : c’est la misère. Le fait de jeter un sort rend momentanément pauvre selon la tradition. C’est déconseillé d’entreprendre quelque chose d’important ce jour.
  9.  : neuvième et dernier jour lunaire, c’est le jour de la consultation de l’oracle afin de comprendre et de combattre les malheurs. C’est considéré comme un jour favorable.


L’usage du Fê zan va au-delà des représentations symboliques de ces jours. Il s’agit en fait, quand on en a la possibilité, d’opérer les choix de dates ou de jours d’événements importants au regard des différentes prescriptions et des circonstances. Il convient cependant de préciser que la base de ce cycle reste et demeure le cycle lunaire. C’est-à-dire que dès qu’une nouvelle lune apparaît une nouvelle semaine du commence par le Mêdjo et ce, quelque soit l’étape où se trouve la semaine en cours. Par exemple on a eu le Vodoun le 18 Janvier 2007 ; on aurait dû avoir le Azon juste après, c’est-à-dire le 19 Janvier, mais c’est le Mêdjo qu’on a eu puisque le 19 janvier correspondait à l’apparition de la nouvelle lune.
Ce calendrier est le résultat de longues années d’observation de la nature et de ses phénomènes par nos ancêtres, transmis oralement de génération en génération. Ils ont découvert que les résultats des actions importantes que l’on mène diffèrent en fonction du Fê sur lequel on les démarre.
Le Fê zan est élaboré et vendu en chaque début d’année par ceux qui s’y connaissent. Il est établi sur la base du calendrier grégorien. Certaines dates sont par ailleurs répertoriées comme étant les mauvais jours de l’année. Sur ces dates, il est recommandé de ne entreprendre rien d’heureux ou d’important même si le Fê qui y correspond est favorable. A titre d’exemple, nous avons les dates ci-après :

  • Janvier : 1, 2, 6, 11, 17,18
  • Février : 8, 16, 17
  • Mars : 2, 12, 13, 18
  • Avril : 1, 3, 15, 17, 18
  • Mai : 8, 10, 17, 30


Notons enfin qu’en Fon-gbé, l’une des principales langues nationales au Bénin, le mois est appelé « Soun » ce qui signifie littéralement lune et que le dimanche est « Vodoun Gbé », le jour du vodou.

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