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samedi 10 mars 2007

Un métissage musical avec le balafon et le vibraphone.

LansineKouyate_DavidNeerman.jpgPour le meilleur et pour la musique.
Ainsi se résume pour moi, le mariage parfait et réussi entre un balafon et un vibraphone. Lansine Kouyate au balafon, David Neerman au vibraphone ont réussi ce mélange harmonieux de sons et de rythmes, qui a donné un genre à cheval sur le Jazz et la musique Mandingue (malienne).
Ce fut un plaisir d’assister à leur concert le mois dernier au Satellite Café dans le 11ème à Paris. Accompagnés d’un batteur et d’un contrebassiste, ils ont distillé une inédite musique métissée. Rien que de l’instrumental. Parfois rythmique, parfois syncopé, le son est à la fois très agréable à l’oreille et très captivant. Quelques compositions avaient des titres en Bambara (une langue malienne). Celle que j’ai particulièrement appréciée a pour titre « Jaarabi », il s’agit simplement d’un hymne d’amour. Pour tous ceux qui veulent les voir à l’œuvre, sachez qu'ils seront en concert du 27/05/2007 au 10/06/2007 au CAFE LITTERAIRE-MAROQUINERIE 23,rue Boyer 75020 PARIS. En avant goût, je vous invite à découvrir quelques unes de leurs oeuvres.

mardi 6 mars 2007

Quintessence,le Festival International du Film de Ouidah s’invite à Melun en France.

Quintessence, le festival international du film de Ouidah s’exporte à Melun en France du 7 au 10 mars 2007. Trois longs métrages et un court métrage primés à la 5ème édition de Quintessence (Janvier 2007) seront projetés à l’auditorium de l’Astrolabe en présence des artistes. Ces projections s’inscrivent dans le cadre des activités liées au jumelage de Ouidah (Bénin) et de Melun (France).
quintessence_img.jpgInitié par le cinéaste béninois Jean Odoutan, Quintessence, le festival international du film de Ouidah se déroule tous les ans. Il se positionne comme un créneau de promotion de films nouveaux, pertinents et originaux et de dialogue multiculturel. Les sélections officielles du festival sont constituées de longs métrages de fiction (cinéma et télévision) de courts métrages de fiction et de documentaires.
Voici les œuvres primées à la 5ème édition :

  • Python Royal, grand prix du festival : "Si le vent soulève les sables" de Marion

Hänsel (Belgique)

  • Python Pygmée, prix du court-métrage : "Binta et la grande idée" de Javier

Fesser (Espagne-Sénégal)

  • Python Papou, prix du documentaire : "Calypso at Dirty Jim's " de Pascale Obolo (Trinidad) - Mention spéciale du jury : "Congo River" de Thierry Michel

(Belgique-Congo) - Encouragements du jury : "Juste un peu d'amour" de Jemima Catraye (Bénin) .

  • Python Children, prix du public : "Héritages, la sorcière" de Francis Zossou

(Bénin)

  • Prix Henri Duparc : "Bul Deconné" de Massaer Seng et Marc Picavez

(France-Sénégal, long métrage). Python à Tête noire, Prix du scénario : "Kinshasa Palace" de Zéka Laplaine (RDC)
Jean Odoutan a également fondé l’Institut Cinématographique de Ouidah (ICO), première école africaine gratuite de l'image, du son et de réalisation de films d'Animation.

mercredi 28 février 2007

"Africa Paradis" Rappel

africaparadis.gifPour ceux qui ont lu mon précédent billet sur ce film réalisé par le Béninois Sylvestre Amoussou, c'est aujourd'hui le jour J. On peut voir ce film à Espace Saint-Michel - 7 place Saint-Michel 75005 PARIS - Métro Saint Michel. Il semble que les cartes " PASS " ET " UGC ILLIMITE " sont acceptées. C'est donc ce soir à 2Oh20. Consulter la bande annonce. Consulter les horaires de programmation.

jeudi 15 février 2007

OGM : La bourde d’un universitaire béninois

Le débat sur les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) qui fait rage depuis plusieurs années en Occident et même dans plusieurs pays africains, vient à peine de commencer au Bénin qu’un universitaire, trop emballé a déjà mis le pied dans le plat.
bananier.jpg« C’est parce que vous n’avez jamais connu la faim que vous vous permettez de critiquer les OGM », a déclaré dimanche matin 11 Février 2007, sur une émission de la radio nationale, le professeur Etienne KOUDANDE de l’Université d’Abomey-Calavi, la plus grande du Bénin, avant de reprendre à son compte un adage local qui voudrait "qu’il vaille mieux mourir d’une intoxication alimentaire que de faim". Etienne KOUDANDE réagissait ainsi aux tirs groupés – non sans fondement- de ses interlocuteurs contre l’industrie des OGM. Ce scientifique n’a peut-être pas tort puisque devant la rigueur de la faim, il n’est pas toujours évident de se poser des questions sur la qualité de ce qu’on ingurgite. Mais la question qui se pose c’est bien la pertinence et l’opportunité de tels propos de la part justement de quelqu’un qui est payé par le contribuable pour rendre sa vie plus facile et moins exposé aux risques. A-t-on le droit au nom d’une prétendue lutte contre la faim de donner le coup de grâce à l’affamé? C’est tout un débat d’éthique. Surtout que – c’est connu – les intérêts financiers en jeu sont énormes.
Il est vrai que les conséquences sanitaires des OGM sur l’organisme humain sont encore très peu connues. Il est vrai aussi que les grosses firmes agroalimentaires qui soutiennent ces cultures financent sans compter toutes les initiatives, toutes les actions surtout celles des scientifiques visant à leur dégager des marchés. Il est vrai enfin que monsieur KOUDANDE, du fait de sa position privilégiée ne risque pas de devoir consommer des OGM, donc d’en mourir, s’il en fallait.
Et puis, vous savez quoi ? Il a oublié de présenter des excuses aux béninois comme le lui demandé un auditeur.

mercredi 14 février 2007

Le « Fê Zan » ou le calendrier lunaire.

lune.jpgEmménager dans une nouvelle maison, effectuer un voyage important, inaugurer son entreprise, faire une cérémonie, se marier ; bref choisir le jour d’un événement décisif ou important dans sa vie ne se fait pas au hasard au Bénin. A défaut de consulter l’oracle (en allant voir un prêtre du Vodou), beaucoup de personnes consultent le calendrier lunaire : le Fê zan.
Le calendrier lunaire compte des cycles de semaines appelées . Une semaine est composée de 9 jours, allant du Mèdjo à . Ces différents jours correspondent à une étape particulière dans la vie, ils sont interdépendants et ont chacun une prescription particulière.
Voici l’ordre et la signification des différents jours :

  1. Mêdjo : c’est la naissance de l’être humain, le point de départ de la vie, premier jour lunaire. C’est le jour favorable par excellence pour entreprendre quelque chose d’important. C’est davantage conseillé d’agir ou de choisir ce jour surtout quand il correspond à un jeudi.
  2. Mêkou : signifie la mort de l’être humain. Deuxième jour lunaire, il fait partie des jours de malheur. Il est donc déconseillé de le choisir. Néanmoins, il peut bien convenir aux enterrements ou aux sacrifices pour les défunts.
  3. Vodoun : jour du sacré, jour vaudou, troisième jour, s’interprète comme la mutation en un esprit ou en un dieu de celui meurt. Il est du lot des jours favorables. Il est surtout recommandé de démarrer les cérémonies (cultuelles) quand Vodoun tombe sur un dimanche.
  4. Azon : correspond à la maladie, quatrième jour. C’est un mauvais jour. Le mort incarné dans l’esprit, est susceptible de hanter son milieu de vie avant la mort et d'y faire planer la malédiction, la maladie, qu’il faut conjurer.
  5. Vo : c’est le sacrifice, cinquième jour lunaire. C’est par le Vo qu’on peut conjurer le mauvais sort ou rompre un maléfice. Il peut être considéré comme un bon jour.
  6. Houè : c’est le jugement. La pose des ingrédients sacrificiels du Vo peut engendrer dans le voisinage, des disputes, conflits et des menaces. C’est un mauvais jour.
  7.  : le sort (bon ou mauvais). C’est la conséquence du conflit du Houè. Les protagonistes se jettent des maléfices. Septième jour lunaire, c’est un bon jour pour jeter des sorts (bons ou mauvais) surtout quand ça tombe sur un mardi.
  8. Hin ou  : c’est la misère. Le fait de jeter un sort rend momentanément pauvre selon la tradition. C’est déconseillé d’entreprendre quelque chose d’important ce jour.
  9.  : neuvième et dernier jour lunaire, c’est le jour de la consultation de l’oracle afin de comprendre et de combattre les malheurs. C’est considéré comme un jour favorable.


L’usage du Fê zan va au-delà des représentations symboliques de ces jours. Il s’agit en fait, quand on en a la possibilité, d’opérer les choix de dates ou de jours d’événements importants au regard des différentes prescriptions et des circonstances. Il convient cependant de préciser que la base de ce cycle reste et demeure le cycle lunaire. C’est-à-dire que dès qu’une nouvelle lune apparaît une nouvelle semaine du commence par le Mêdjo et ce, quelque soit l’étape où se trouve la semaine en cours. Par exemple on a eu le Vodoun le 18 Janvier 2007 ; on aurait dû avoir le Azon juste après, c’est-à-dire le 19 Janvier, mais c’est le Mêdjo qu’on a eu puisque le 19 janvier correspondait à l’apparition de la nouvelle lune.
Ce calendrier est le résultat de longues années d’observation de la nature et de ses phénomènes par nos ancêtres, transmis oralement de génération en génération. Ils ont découvert que les résultats des actions importantes que l’on mène diffèrent en fonction du Fê sur lequel on les démarre.
Le Fê zan est élaboré et vendu en chaque début d’année par ceux qui s’y connaissent. Il est établi sur la base du calendrier grégorien. Certaines dates sont par ailleurs répertoriées comme étant les mauvais jours de l’année. Sur ces dates, il est recommandé de ne entreprendre rien d’heureux ou d’important même si le Fê qui y correspond est favorable. A titre d’exemple, nous avons les dates ci-après :

  • Janvier : 1, 2, 6, 11, 17,18
  • Février : 8, 16, 17
  • Mars : 2, 12, 13, 18
  • Avril : 1, 3, 15, 17, 18
  • Mai : 8, 10, 17, 30


Notons enfin qu’en Fon-gbé, l’une des principales langues nationales au Bénin, le mois est appelé « Soun » ce qui signifie littéralement lune et que le dimanche est « Vodoun Gbé », le jour du vodou.

jeudi 8 février 2007

Le formidable essor de la musique béninoise

Avez-vous remarqué la fécondité de la production discographique béninoise depuis le début de cette de cette décennie ? La musique béninoise se porte comme un charme depuis quelques années. Ses acteurs sont très féconds ; l’on enregistre des centaines de disques et des dizaines de nouveaux artistes chaque année pendant que les anciens progressent à chaque nouvel album. La production coûte de moins en moins chère grâce à une extraordinaire floraison des studios d’enregistrement et à la professionnalisation de leurs techniciens.
115_1527.JPG
Grâce à leur travail mais aussi à leurs textes de moins en moins en langues étrangères, traitant de plus en plus de sujets liés à la vie quotidienne des béninois et distillés dans des rythmes de plus en plus proches de nos rythmes locaux, les artistes musiciens béninois se sont réconciliés avec leur public, trop souvent obligés il y a encore une dizaine d’années de se consoler avec les réussites des musiques congolaise, ivoirienne, ou sahélienne, ou carrément occidentale. Koffi Olomidé, les Wengués, Papa Wemba, Méiway, Didier Bilé et même Francis Cabrel étaient très populaires par ici.
Aujourd’hui les choses ont considérablement changé, la jeune génération à des idoles béninoises en matière de musique et même quand il s’agit du Rap qui est le mouvement musical le plus universel à ce jour chez les 15-25 ans du monde entier. Les groupes comme les Sakpata Boys vers la fin des années 1990 et aujourd’hui les Ardiess, les H2O, les Diamants Noirs….., ont littéralement conquis la jeunesse béninoise. Les radios de proximité dont la floraison au cours de la même période a considérablement accompagné le développement de la discographie béninoise, peuvent à présent programmer de longues variétés nationales sans ennuyer leurs auditeurs.
Mais il reste cependant que la musique béninoise puise davantage son inspiration dans ses racines qu’elle ne le fait actuellement. Certes le Tchink Système inventé par Tohon Stan et inspiré du "Tchinkounmè, ce rythme typique de la culture Mahi du centre du Bénin a été adopté par beaucoup de jeunes artistes qui tentent même des mariages exquis avec d’autres rythmes étrangers pour en sortir de très bonnes mélodies. Mais la musique moderne béninoise reste encore assez extravertie. Ses musiciens ont encore - réplique des décennies 80 et 90 - un trop grand tropisme pour le Zouglou ivoirien et le Soukous congolais par exemple et leurs dérivés, au détriment des rythmes locaux qui ont aussi besoin, comme tous les autres, d’être connus par les autres civilisations. Il ne s’agit surtout pas pour nous de défendre un quelconque chauvinisme culturel ; mais il ne s’agit pas non plus d’encourager quelque aliénation que ce soit, car il a bien fallu que Didier BILE lance le Zouglou et que les artistes ivoiriens le suivent pour qu’il se soit imposé à ce point. Il revient à chaque peuple de promouvoir sa propre culture.
Le débat est ouvert !!!!!!

Bénin, les caméras de France2 Tv sur la filière de véhicules d'occasion.

« Les voitures connaissent, pour la plupart d’entre elles, une seconde vie…L’Afrique est, depuis des dizaines d’années, la première terre d’élection pour des milliers de véhicules d’occasion…Les filières sont bien en place…Enquête, au Bénin, de nos envoyés spéciaux … »
 C’est par ces propos que le reportage sur le Bénin a été introduit hier (06/02/07) soir sur le JT. On nous explique en substance comment la filière fonctionne et qui sont les destinataires des véhicules d’occasion. Le reportage a souligné au passage le talent des mécaniciens et garagistes béninois qui ressuscitent les voitures pourries (venues de l’Europe) et qui leur donnent la chance de vivre longtemps.
Cependant, je suis resté sur ma faim. Le reportage n’a pas montré comment la filière était organisée à partir de l’Europe. Il n’a pas évoqué non plus les problèmes environnementaux que constituent ces voitures qui s’en vont mourir en Afrique. Je trouve par ailleurs bizarre le sous-titrage des interviews présentées dans le reportage, surtout que les phrases utilisées par les interviewés étaient quasiment reprises. Est-ce qu’ils parlaient un français de martiens ? Est-ce parce qu’ils avaient un petit accent ? Faites vous une opinion en allant voir le reportage sur le site de France2

dimanche 4 février 2007

"Africa Paradis"

africaparadis.gif Et si les rôles étaient inversés ? Imaginez un instant l’Afrique devenant d’un coup très riche et très développée. Imaginez l’Afrique comme le nouvel eldorado d’une immigration à partir de l’Europe, très pauvre. Dans la réalité, ça paraît invraisemblable. Mais, c’est pourtant ce futur imaginaire qui est porté à l’écran par le réalisateur Béninois Sylvestre AMOUSSOU.
"Africa Paradis", c’est le titre du film et premier long-métrage de ce réalisateur qui sortira à Paris le 28 février 2007 au cinéma Espace Saint-Michel. En attendant, vous pouvez visionner la bande annonce en allant sur ce site ou en visitant le site de promotion du film

jeudi 1 février 2007

Le temps "élastique".

paris_spectacle_ete.gif« Souriez ». Une interpellation impérative qui me sort de la torpeur. En face, un homme, la cinquantaine, qui vient de descendre d’un bus, lui non plus ne souriait pas. C’est "du lard ou du cochon"? Je me demande. Je lui sers un sourire grimacé et forcé, le temps de le croiser. « C’est beaucoup mieux comme ça » m’a t-il répondu en continuant son chemin. Trente mètres plus loin, un SDF, un verre à la main, me lance avec vigueur « bon après-midi chef ! ». Décidément, c’est le jour des apostrophes, choses rares pour moi à Paris. En fait, cet après-midi j’ai trois quarts d’heure d’avance sur un rendez-vous à la maison de la radio. Du coup, je découvre le 16ème. Je me suis offert cette balade afin de "tuer le temps" comme on le dit. Et cette interpellation à sourire tombe bien. Elle alimente ma réflexion de promeneur solitaire. J’essaie de comprendre pourquoi ce parisien me voulait tout sourire. Car j’ai toujours eu l’impression qu’à Paris, les gens font la tête et sont pressés.
C’est alors qu’un proverbe africain me vient à l’esprit.
« Tous les blancs ont une montre, mais ils n'ont jamais le temps ». Ce proverbe illustre bien les différences dans la gestion du temps entre l’Afrique et l’Europe. La notion de temps n’est pas perçue de la même façon ici et là-bas. Il est souvent dit en Afrique que le temps est "élastique". Prendre son temps pour bien faire, répond peut-être à une logique culturelle qui veut que la personne âgée soit posée. Seuls les gamins vont vite parler ou vite marcher. L’adulte est comme un caméléon qui use de prudence dans les gestes afin de faire les choses à bon escient. Les retards font partie de la vie quotidienne. Les rendez-vous prennent souvent 15mn, 30mn, une heure de retard voire reportés in extremis. Et les organisateurs d’événement fixent souvent l’heure de démarrage en y joignant une marge obligatoire.
Avant, mon voyage sur la France, dans les couloirs du consulat de France à Cotonou, j’ai souvent entendu les demandeurs de visa pester à tord ou à raison contre « le pays où l’on court tout le temps » ; affirmant ne pas comprendre les tracas qu’ils subissent avant d’obtenir le visa. Ces derniers pensent ne pas pouvoir supporter la vie en occident pendant plus de deux semaines. Pour eux, les agents du consulat ont tout faux à les suspecter d’être des candidats à l’immigration.
J’ai fait ma propre expérience depuis que je suis en France. Evidemment, les débuts ont été très difficiles. Il fallait être "pile poil" à l’heure aux cours, aux rendez-vous. Ici, l’adage du « train qui n’attend pas le voyageur » -que je connaissais - à soudain pris un sens. Tous les matins, je dois absolument prendre le bon train à la bonne heure, autrement, je rate ma journée. J’ai donc appris à « speeder » comme on le dit ici. Je fais comme tout le monde en quelque sorte. Je ne pouvais pas faire autrement. D’ailleurs, je suis très content de ma rapide adaptation. Il m’arrive pourtant d’avoir la nostalgie du temps "élastique", cool, sans stress. Je crois plutôt que c’est la convivialité des rencontres dans la rue, la chaleur dans les regards, le petit bonjour et la chaîne interminable d’amis qui doivent surtout me manquer. Car ici en France, ce n’est pas pareil. Le temps glacial souvent grisonnant et la froideur des regards génèrent une atmosphère lourde et rébarbative, dans les transports en commun surtout. Même dans un bus, un métro ou un train archi plein, chacun est à la fois anonyme et absent. Les harangues des artistes ambulants et de ceux qui font la manche parviennent difficilement à attirer les regards. Bien évidemment, j’ai sans doute pris le pli, moi aussi. Toutefois, j’ai eu l’occasion de voir que l’été, les gens sont plus conviviaux et plus détendus. Ils sont en vacances, le stress tombe, il fait chaud et tout ralentit. C’est donc facile d’avoir des « bonjour » dans la rue.
L’Europe et l’Afrique, n’ont pas la même montre. Mais je pense que chacun gagnerait à emprunter un bout de l’autre. L’Afrique gagnerait peut-être à mieux gérer le temps et l’Europe aurait à apprendre la convivialité.

mercredi 24 janvier 2007

Bamako: la justice des sans voix

Un procès géant des institutions financières internationales dans une concession à Bamako, avec une maisonnée vaquant aux occupations habituelles, à la fois attentive et indifférente aux débats. C’est le résumé souvenir que je garde de Bamako, la dernière œuvre du cinéaste africain Abderrahmane Sissako que j’ai eue l’occasion de voir en avant-première au 34ème Festival International du Film de la Rochelle. Bamako.gif
Bamako, mêle drame de couple et engagement politique. Le réalisateur y dénonce l'hypocrisie du Nord vis-à-vis des pays du Sud . Les programmes d’ajustement structurel imposés à l’Afrique par le Fond Monétaire International et la Banque Mondiale, engendrent la misère et le désespoir qui poussent à des actes suicidaires telles que les aventures tragiques de l’immigration vers l’Europe.
Avant sa sortie officielle en France le 18 Octobre 2006, le film avait déjà été très bien accueilli à Cannes et à la Rochelle. Il recevra le prix spécial du jury aux Journées Cinématographiques de Carthage en novembre 2006 et le Grand prix du public de la quatrième édition du festival Paris Cinéma. C’est incontestablement l’un des films africains majeurs de 2006. Son rayonnement continue grâce à des projections débats qui se font un peu partout en France. Les prochaines programmations auront sans doute lieu dans les villes ci-après :

  • 26/01/07 - à Mont Saint-Aig
  • 29/01/07 - à Salies de Béarn (Cinéma Le Saleys)
  • 30/01/07 - à Sèvres
  • 01/02/07 - à La Châtre
  • 09/02/07 - à Achères (Cinéma le Pandora)
  • 27/02/07 - à Chateaugiron


Dans la logique de ces débats, la seule critique que je peux formuler concerne le thème principal du film. J’ai en effet eu l’impression que les institutions financières internationales sont les seules responsables des maux dont souffre l’Afrique. Comment expliquer l’extrême pauvreté des populations alors que le sous-sol africain est riche en ressources naturelles ? Comment comprendre l’inconscience de certains chefs d’Etats africains accrochés au pouvoir pendant que les pays sont paralysés par la corruption, l’affairisme et une gestion hasardeuse? L’Afrique souffre certainement du diktat de l’Occident mais elle croupit davantage sous la corruption. Celle-ci a été certes abordée dans le film, seulement la présentation qui en a été faite est sans commune mesure avec la réalité observée dans beaucoup de pays africains. Est-ce une autocensure de l’auteur ? Nous réserve t-il un autre film sur le sujet ? En dépit, de ma petite réserve sur cet aspect, Bamako reste un film qui a posé un vrai problème de développement de l’Afrique et qui a donné la parole aux « sans voix ». C’est un film à voir absolument.

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