Regard'ailleurs

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dimanche 2 octobre 2011

"...De la musique jaillit la lumière."

Une création musicale, poly-sonique, rythmique, lancinante et tonique, parfois traînante et vive, claire et obscure…Il n’y aura pas assez d’adjectifs pour la décrire. En fait il faut juste la sentir, l’apprivoiser, lâcher prise et se laisser emporter par la vague saillante, diffuse. C’est un genre de musique qu’on écoute en transpirant alors qu’on n’a fait nul effort. Elle transporte dans une onde, elle berce, fracasse, elle fait léviter et puis vous relâche, elle picote…

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Source photo : profil Facebook de l'artiste

J’ai eu le privilège de le voir, l’écouter et de le sentir le 30 septembre à la Loge à Paris 11è. Les deux parties du récital m’ont amené à avoir deux différentes sensations.

La créatrice à mon sens a fait plaisir au public en première partie. Ce fut pour moi un tour de voyage musical sur plusieurs thématiques et plusieurs contrées, les unes aussi poivrées que les autres et formant un tout très homogène.

La deuxième partie qu’elle a présentée comme étant sa dernière création, en cours, a été livrée en un bloc, sans discontinuer. L’artiste et l’œuvre ont apparemment fait corps. Je l’ai perçue comme ayant été un moment de fusion à la fois vitale et « thanatique » entre la voix, les sons et les postures de l’artiste. Elle était comme en transe à l’instar de ce qui peut s’observer lors d’initiatiques vaudou dans des pays de l’Afrique de l’Ouest. Cette musique avait comme quelque chose de mystique ; intensément « vibratique » avec un fil rouge fait d’om. Elle a rappelé à mon souvenir, « Souffle » un poème de Birago Diop.

A la fin, un peu essoufflé, j’ai consulté par curiosité le flyer qui m’y a convié et j’ai pu lire : « C’est de la musique qui ne ressemble pas. Merci de ne pas venir (...) si vous souhaitez voir et entendre un truc habituel. »

Pour en savoir davantage, visiter son site, elle s’appelle Perrine en morceaux. Et si vous souhaiter découvrir son œuvre, oubliez ce que vous avez lu et allez-y sans a priori.

mercredi 11 février 2009

Mon projet de promotion de la musique vodou

La musique vodou recèle des sons, des rythmes, des chorégraphies, des couleurs aptes à renouveler les univers actuels de la musique, la danse, le design, l'art, la mode… Fort de cette conviction,
j’ai monté le label ORISHAL avec des amis.
L’objectif du projet est de faire découvrir la richesse de la musique sacrée du Vodou.

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C’est ainsi qu’en 2008, dans tout le Bénin, le pays d’origine de cette culture, nous avons organisé le premier festival international de la musique vodou. Avec la permission des dignitaires et autorités du Vodou, nous avons fait sortir des villages et des couvents un superbe univers musical, inconnu du grand public, porteur d'émotions nouvelles et d'incroyables énergies. Les deux groupes lauréats du Festival : HOUNSA LOVE et DJOVAMON ont été produits à la fin du festival.

Enregistré au Bénin et édité en France en novembre 2008, ce CD fait sortir d’Afrique, pour la première fois, une musique ensorcelée et ensorcelante. C’est un héritage transmis de génération en génération, depuis la nuit des temps.
Vivant, combattu mais tenace, en partie dévoilé mais demeurant largement secret, le vodou imprègne fortement la vie de dizaines de millions de personnes dans le monde. Son univers culturel, ses croyances et ses rites symboliques constituent à la fois un immense patrimoine, une religion, une culture, une esthétique, un mode de vie…

mardi 10 juin 2008

« Vaudou Mots-zic »

vaudou_mots_ziks.jpgUn jeu de mots qui porte en soi la quintessence, d’une création musicale hybride franco-béninoise. C’est cette création qui a regroupé l’artiste béninois Sergent Marcus et les musiciens d’Archimusic, le vendredi 6 juin à l'Atelier du Plateau dans le 19ème à Paris.
Ce fut un spectacle fait de joute verbale improvisée, de déclamation bien rimée (Rap, Slam) sur un fond musical agréablement orchestré. Contrebasse, clarinettes, trompettes, saxophone, batterie, djembé…ont su trouver, grâce à des mains talentueuses, une parfaite harmonie, parfois traînante, parfois rythmique…
Les applaudissements nourris du public durant tout le spectacle était à la mesure de la dextérité des artistes. Leur habileté à passer du fon (langue béninoise) au français, du classique à un rythme métissé dénote de la bonne complicité qu’ils ont réussi à établir entre les cultures béninoise et française. Ce spectacle est une suite du festival Paris/Cotonou qui a fait revivre l’ancien Ciné Vog de Cotonou pendant plusieurs soirées. Et le spectacle de Paris a sonné comme un hymne à la gloire de Cotonou, dont les symboles et les attraits ont été particulièrement chantés.
« Vaudou Mots-zic » sera à nouveau présentée le samedi 14 juin au Théâtre d’Ivry, dans la banlieue de Paris.
Un seul bémol, le terme Vaudou ici utilisé n’a été qu’un titre générique et rien de plus.

dimanche 24 juin 2007

Rencontre solidaire pour la musique traditionnelle

24 jeunes français et béninois s’apprêtent à vivre trois semaines de travail, d’échange, de découverte et de culture à Sékou, un village situé à une cinquantaine de kilomètres au nord de Cotonou au Bénin.
Il s’agit d’un chantier de solidarité international qui a pour but de finir le montage d’un studio de production et de promotion de la musique traditionnelle. Un mini festival de musique traditionnelle sera organisé à la fin du chantier.
Ce chantier est porté par la Fondation d’Auteuil et l’association Sud Horizon.
chantier_bopa.JPGEn attendant de revenir vous décrire les temps forts de ce chantier qui aura lieu en juillet 2007, je vous invite à découvrir un extrait d’un rythme traditionnel béninois : le Zinli, une danse royale.

dimanche 27 mai 2007

Kpanouhoun : le tam tam des assiettes, la danse des femmes

femmes_benin.jpgPas vraiment besoin de gros moyens pour mettre en place ce genre de groupe traditionnel de musiques et de danses. Quelques assiettes trouées, des anneaux tout au tour et ça y est ! Le dispositif est prêt.
Ce sont exclusivement les femmes qui forment le Kpanouhoun. Très pratique, ça réunit les copines, les voisines pour chanter et danser à l’occasion de fêtes ou d’événements importants au village.
Avec les assiettes, les femmes se passent bien du talent de joueurs de tam tam souvent dédié aux hommes. Ces derniers sont alors dans le rôle de spectateurs passifs et admiratifs des dames.
Kpanouhoun, une bonne idée des femmes pour faire la fête en toute simplicité, on en rencontre dans les villages au sud du Bénin. En Fongbe, langue parlée au Bénin, kpanouhoun signifie littéralement tam-tam (houn) assiette (kpanou).

Voir la vidéo de Kpanouhoun

samedi 10 mars 2007

Un métissage musical avec le balafon et le vibraphone.

LansineKouyate_DavidNeerman.jpgPour le meilleur et pour la musique.
Ainsi se résume pour moi, le mariage parfait et réussi entre un balafon et un vibraphone. Lansine Kouyate au balafon, David Neerman au vibraphone ont réussi ce mélange harmonieux de sons et de rythmes, qui a donné un genre à cheval sur le Jazz et la musique Mandingue (malienne).
Ce fut un plaisir d’assister à leur concert le mois dernier au Satellite Café dans le 11ème à Paris. Accompagnés d’un batteur et d’un contrebassiste, ils ont distillé une inédite musique métissée. Rien que de l’instrumental. Parfois rythmique, parfois syncopé, le son est à la fois très agréable à l’oreille et très captivant. Quelques compositions avaient des titres en Bambara (une langue malienne). Celle que j’ai particulièrement appréciée a pour titre « Jaarabi », il s’agit simplement d’un hymne d’amour. Pour tous ceux qui veulent les voir à l’œuvre, sachez qu'ils seront en concert du 27/05/2007 au 10/06/2007 au CAFE LITTERAIRE-MAROQUINERIE 23,rue Boyer 75020 PARIS. En avant goût, je vous invite à découvrir quelques unes de leurs oeuvres.

jeudi 8 février 2007

Le formidable essor de la musique béninoise

Avez-vous remarqué la fécondité de la production discographique béninoise depuis le début de cette de cette décennie ? La musique béninoise se porte comme un charme depuis quelques années. Ses acteurs sont très féconds ; l’on enregistre des centaines de disques et des dizaines de nouveaux artistes chaque année pendant que les anciens progressent à chaque nouvel album. La production coûte de moins en moins chère grâce à une extraordinaire floraison des studios d’enregistrement et à la professionnalisation de leurs techniciens.
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Grâce à leur travail mais aussi à leurs textes de moins en moins en langues étrangères, traitant de plus en plus de sujets liés à la vie quotidienne des béninois et distillés dans des rythmes de plus en plus proches de nos rythmes locaux, les artistes musiciens béninois se sont réconciliés avec leur public, trop souvent obligés il y a encore une dizaine d’années de se consoler avec les réussites des musiques congolaise, ivoirienne, ou sahélienne, ou carrément occidentale. Koffi Olomidé, les Wengués, Papa Wemba, Méiway, Didier Bilé et même Francis Cabrel étaient très populaires par ici.
Aujourd’hui les choses ont considérablement changé, la jeune génération à des idoles béninoises en matière de musique et même quand il s’agit du Rap qui est le mouvement musical le plus universel à ce jour chez les 15-25 ans du monde entier. Les groupes comme les Sakpata Boys vers la fin des années 1990 et aujourd’hui les Ardiess, les H2O, les Diamants Noirs….., ont littéralement conquis la jeunesse béninoise. Les radios de proximité dont la floraison au cours de la même période a considérablement accompagné le développement de la discographie béninoise, peuvent à présent programmer de longues variétés nationales sans ennuyer leurs auditeurs.
Mais il reste cependant que la musique béninoise puise davantage son inspiration dans ses racines qu’elle ne le fait actuellement. Certes le Tchink Système inventé par Tohon Stan et inspiré du "Tchinkounmè, ce rythme typique de la culture Mahi du centre du Bénin a été adopté par beaucoup de jeunes artistes qui tentent même des mariages exquis avec d’autres rythmes étrangers pour en sortir de très bonnes mélodies. Mais la musique moderne béninoise reste encore assez extravertie. Ses musiciens ont encore - réplique des décennies 80 et 90 - un trop grand tropisme pour le Zouglou ivoirien et le Soukous congolais par exemple et leurs dérivés, au détriment des rythmes locaux qui ont aussi besoin, comme tous les autres, d’être connus par les autres civilisations. Il ne s’agit surtout pas pour nous de défendre un quelconque chauvinisme culturel ; mais il ne s’agit pas non plus d’encourager quelque aliénation que ce soit, car il a bien fallu que Didier BILE lance le Zouglou et que les artistes ivoiriens le suivent pour qu’il se soit imposé à ce point. Il revient à chaque peuple de promouvoir sa propre culture.
Le débat est ouvert !!!!!!