Le Bénin célébrera, la fête du Vodoun, le 10 janvier prochain. La fête aura lieu un peu partout dans le pays. Chaque dignitaire honore ses divinités à l’occasion. Si vous avez l’occasion d’aller au sud du pays, ne ratez pas les cérémonies de la veille de fête au palais royal d’Allada. Sa Majesté Kpodégbé Toï Djigla, Roi d’Allada va lancer comme à l’accoutumée les festivités le 9 janvier avec tous les dignitaires de la cour et avec de nombreux adeptes. Allada, une ville située à une cinquantaine de kilomètres au nord de Cotonou est considérée comme étant le berceau du Vodoun et de la culture Adja-Tado. Le roi d’Allada se rendra ensuite, le jour de la fête, à la plage de Ouidah pour concélébrer les consécrations appropriées avec Dagbo Hounon, le chef du culte résidant à Ouidah. C’est un rendez-vous à ne pas rater si on veut voir l’aspect solennel de la fête. D’autres endroits du pays comme la plage de Grand Popo pourraient être intéressants. Sinon à Cotonou, il y aura des spectacles de danses des masques « revenants » dans l’après-midi du 10 janvier.
Actualité/info
jeudi 22 novembre 2007
Taxis motos, mêmes fonctions de Paris à Cotonou.
Par Géraud le jeudi 22 novembre 2007, 17:58
"Déjà 20 000 trajets et 3 400 clients
transportés par 12 taxis-moto dans Paris", peut-on lire sur le site de Citybird, la société qui
expérimente les motos taxis à Paris. Elle se présente comme étant le partenaire
privilégié des cadres supérieurs et dirigeants pressés de Paris. Prendre un
taxi moto en effet peut permettre de gagner du temps et de contourner les
embouteillages de la capitale française. Le coût : 25€ le trajet Paris
Intra Muros, un trajet Paris petite couronne à partir de 30€ et à partir de 50€
pour se rendre aux aéroports.
Ailleurs, au Bénin les taxis motos font partie des habitudes de transport
depuis plusieurs années déjà. Ils sont appelés Zémidjans, ce qui signifie en
langue nationale Fon "prends moi". A l’origine le phénomène de taxi moto a
démarré à Porto-Novo avec des cyclistes qui étaient payés pour transporter les
marchandises des dames, des villages vers les marchés. Les motos ont pris la
suite un peu plus tard et ont transporté les marchandises et les personnes.

De Porto-Novo, l’expérience s’est propagée dans tout le pays et même dans
certaines villes frontalières. Encore appelé Kêkênon (l’homme à moto) les
zémidjan ou les zém constituent le premier et le plus pratique des transports
dans le pays. Ils sont estimés à plus de 36000 à Cotonou et font partie du
décor de la ville. Ils sont facilement reconnaissables à leurs chemises jaunes.
Pour les prendre, il suffit d’aller à une place publique, un carrefour où ils
attendent des clients. Ils déambulent également à la recherche de clients. Il
vous suffit de faire un petit signe de main ou de les siffler pour qu’ils
viennent à vous. Le reste, vous indiquer votre destination ; le zém vous
dit son prix ; vous le négociez et s’il vous convient, ça y est. Vogue la
moto ! Les prix de la course varient entre 100 et 300 francs CFA, selon la
distance. L’avantage des zém, c’est qu’ils vous déposent devant votre portail
ou vraiment à l’endroit où vous vous rendez. Ils peuvent vous conduire à des
endroits que vous ne connaissez pas bien. Mieux, en saison pluvieuse, ils sont
prêts à vous emmener même dans les zones enclavées du fait de l’inondation. Ils
sont aussi une véritable alternative aux embouteillages.
Attention ! Rappelez gentiment votre zém à l’ordre quand il est en excès
de vitesse ou quand manifestement il ne respecte pas le code de la route,
surtout quand il grille les feux tricolores.
De Paris à Cotonou, les objectifs des taxis motos semblent être les mêmes malgré la différence des moyens dont ils disposent et des usagers qui s’en servent. J’avoue néanmoins avoir été très surpris par cette révolution dans le transport des passagers à Paris.
dimanche 16 septembre 2007
La fin de la crise du GSM au Bénin
Par Géraud le dimanche 16 septembre 2007, 19:16
10 jours après Telecel, l’opérateur GSM
Areeba fonctionne à nouveau et ce depuis hier samedi 16 septembre. C’est
l’issue de plus de deux mois de bras de fer entre ces deux réseaux de
téléphonie mobile et le gouvernement béninois.
Le 06 Juillet 2007, l’autorité de régulation des télécommunications du Bénin
avait pris la décision de suspendre les réseaux Télécel-Moov et Areeba-MTN, les
deux principaux opérateurs de téléphonie mobile au Bénin pour violation du
cahier des charges.
Selon le communiqué officiel, les deux opérateurs ont accepté de se conformer à
la loi et de payer la licence d’exploitation qui s’élève à 10 milliards Cfa.
Malgré le soulagement des abonnés, cette situation de crise a été un cauchemar
pour ces derniers qui se sont vus couper du jour au lendemain… Cette situation
a également favorisé l’arrivée d’un nouvel opérateur sur le marché. Global Com
a signé un contrat d’exploitation dans la foulée des discussions avec les
opérateurs sous sanction.
Désormais, ce sont 5 opérateurs qui devront partager le marché de 6 millions de
consommateurs potentiels.
mardi 17 avril 2007
Famille JAH : La preuve que le retour en Afrique est possible
Par Bertrand le mardi 17 avril 2007, 08:19
Imaginez des familles noires
américaines émigrant par vague vers l’Afrique. Imaginez un afflux de plus en
plus croissant de ces personnes vers le continent noir, la terre de leurs
ancêtres déportés en Amérique par les négriers. On n’en est hélas pas encore
là. On en est peut-être encore loin. Mais cette perspective, la famille JAH y
crois très fort. Le 15 Avril 1997, cette famille française rastafari de la
Guadeloupe débarquait au Bénin, la terre d’où ses ancêtres auraient été
déportés.
Retourner définitivement en Afrique après plusieurs siècles "d’exile". Le
projet paraît bien évidemment audacieux. Certains l’avaient même trouvé
complètement débile. « Les médias européens nous avaient donné trois mois
pour repartir en Guadeloupe », déclare toute émue Mère JAH, comme on l’appelle
affectueusement au Bénin.
Dix ans après, elle n’a pas regretté sa décision de suivre son mari, le Père
JAH, leurs quatre enfants et quelques uns de leurs neveux, abandonnant les
nombreux privilèges que leur offre la nationalité française.
Pour elle comme pour sa famille ce retour est une victoire, «une victoire sur
une histoire qui avait déjà écrit "la porte du non retour" mais que nous
faisons mentir par ce retour ». La famille JAH est très populaire au Bénin où
elle bénéficie d’un accueil très hospitalier de la part des populations qu’elle
côtoie. Ce retour a d’ailleurs été encouragé par l’ancien président Mathieu
Kérékou lui-même.
Aujourd’hui, la famille anime une école, "l’école endogène Jardin de la
Fraternité" qui accueille et éduque chaque année des dizaines d’enfants
démunis. Elle a initié également un projet d’agriculture biologique au profit
des adolescents et jeunes béninois désireux de pratiquer l’agriculture. Et pour
ne pas être un sas unique (car il faut bien reconnaître que cette expérience ne
fait pas encore beaucoup d’émules), la famille JAH a créé une ambassade
culturelle de la diaspora du peuple de Jah (le peuple de Dieu) pour "permettre
aux générations déportées d’avoir une adresse (…) en terre d’Afrique".
Cette structure organise chaque année des
pèlerinages en terre africaine pour des africains américains. Mais cette
expérience, loin s’en faut, n’est pas une partie de plaisir. Quelques petits
écueils persistent encore. Mais "ils sont dus à l’ignorance et à l’amnésie des
africains d’aujourd’hui qui ont oublié ce crime perpétré contre leur race",
banalise le Père JAH qui assure que cela ne peut qu’être passager.
mardi 6 mars 2007
Quintessence,le Festival International du Film de Ouidah s’invite à Melun en France.
Par Géraud le mardi 6 mars 2007, 23:57
Quintessence, le festival international du film de Ouidah
s’exporte à Melun en France du 7 au 10 mars 2007. Trois longs métrages et un
court métrage primés à la 5ème édition de Quintessence (Janvier 2007) seront
projetés à l’auditorium de l’Astrolabe en présence des artistes. Ces
projections s’inscrivent dans le cadre des activités liées au jumelage de
Ouidah (Bénin) et de Melun (France).
Initié par le cinéaste béninois Jean
Odoutan, Quintessence, le festival international du film de Ouidah se
déroule tous les ans. Il se positionne comme un créneau de promotion de films
nouveaux, pertinents et originaux et de dialogue multiculturel. Les sélections
officielles du festival sont constituées de longs métrages de fiction (cinéma
et télévision) de courts métrages de fiction et de documentaires.
Voici les œuvres primées à la 5ème édition :
- Python Royal, grand prix du festival : "Si le vent soulève les sables" de Marion
Hänsel (Belgique)
- Python Pygmée, prix du court-métrage : "Binta et la grande idée" de Javier
Fesser (Espagne-Sénégal)
- Python Papou, prix du documentaire : "Calypso at Dirty Jim's " de Pascale Obolo (Trinidad) - Mention spéciale du jury : "Congo River" de Thierry Michel
(Belgique-Congo) - Encouragements du jury : "Juste un peu d'amour" de Jemima Catraye (Bénin) .
- Python Children, prix du public : "Héritages, la sorcière" de Francis Zossou
(Bénin)
- Prix Henri Duparc : "Bul Deconné" de Massaer Seng et Marc Picavez
(France-Sénégal, long métrage). Python à Tête noire, Prix du scénario :
"Kinshasa Palace" de Zéka Laplaine (RDC)
Jean Odoutan a également fondé l’Institut Cinématographique de Ouidah (ICO), première école africaine
gratuite de l'image, du son et de réalisation de films d'Animation.
mercredi 28 février 2007
"Africa Paradis" Rappel
Par Géraud le mercredi 28 février 2007, 11:38
Pour ceux qui ont lu mon précédent
billet sur ce film réalisé par le Béninois Sylvestre Amoussou, c'est
aujourd'hui le jour J. On peut voir ce film à Espace Saint-Michel - 7 place
Saint-Michel 75005 PARIS - Métro Saint Michel. Il semble que les cartes " PASS
" ET " UGC ILLIMITE " sont acceptées. C'est donc ce soir à 2Oh20.
Consulter la bande annonce. Consulter
les horaires de programmation.
mercredi 14 février 2007
Le « Fê Zan » ou le calendrier lunaire.
Par Géraud le mercredi 14 février 2007, 14:50
Emménager dans une nouvelle
maison, effectuer un voyage important, inaugurer son entreprise, faire une
cérémonie, se marier ; bref choisir le jour d’un événement décisif ou
important dans sa vie ne se fait pas au hasard au Bénin. A défaut de consulter
l’oracle (en allant voir un prêtre du Vodou), beaucoup de personnes consultent
le calendrier lunaire : le Fê zan.
Le calendrier lunaire compte des cycles de semaines appelées
Fê. Une semaine est composée de 9 jours, allant du
Mèdjo à Fâ. Ces différents jours
correspondent à une étape particulière dans la vie, ils sont interdépendants et
ont chacun une prescription particulière.
Voici l’ordre et la signification des différents jours :
- Mêdjo : c’est la naissance de l’être humain, le point de départ de la vie, premier jour lunaire. C’est le jour favorable par excellence pour entreprendre quelque chose d’important. C’est davantage conseillé d’agir ou de choisir ce jour surtout quand il correspond à un jeudi.
- Mêkou : signifie la mort de l’être humain. Deuxième jour lunaire, il fait partie des jours de malheur. Il est donc déconseillé de le choisir. Néanmoins, il peut bien convenir aux enterrements ou aux sacrifices pour les défunts.
- Vodoun : jour du sacré, jour vaudou, troisième jour, s’interprète comme la mutation en un esprit ou en un dieu de celui meurt. Il est du lot des jours favorables. Il est surtout recommandé de démarrer les cérémonies (cultuelles) quand Vodoun tombe sur un dimanche.
- Azon : correspond à la maladie, quatrième jour. C’est un mauvais jour. Le mort incarné dans l’esprit, est susceptible de hanter son milieu de vie avant la mort et d'y faire planer la malédiction, la maladie, qu’il faut conjurer.
- Vo : c’est le sacrifice, cinquième jour lunaire. C’est par le Vo qu’on peut conjurer le mauvais sort ou rompre un maléfice. Il peut être considéré comme un bon jour.
- Houè : c’est le jugement. La pose des ingrédients sacrificiels du Vo peut engendrer dans le voisinage, des disputes, conflits et des menaces. C’est un mauvais jour.
- Bô : le sort (bon ou mauvais). C’est la conséquence du conflit du Houè. Les protagonistes se jettent des maléfices. Septième jour lunaire, c’est un bon jour pour jeter des sorts (bons ou mauvais) surtout quand ça tombe sur un mardi.
- Hin ou Fô : c’est la misère. Le fait de jeter un sort rend momentanément pauvre selon la tradition. C’est déconseillé d’entreprendre quelque chose d’important ce jour.
- Fâ : neuvième et dernier jour lunaire, c’est le jour de la consultation de l’oracle afin de comprendre et de combattre les malheurs. C’est considéré comme un jour favorable.
L’usage du Fê zan va au-delà des représentations symboliques
de ces jours. Il s’agit en fait, quand on en a la possibilité, d’opérer les
choix de dates ou de jours d’événements importants au regard des différentes
prescriptions et des circonstances. Il convient cependant de préciser que la
base de ce cycle reste et demeure le cycle lunaire. C’est-à-dire que dès qu’une
nouvelle lune apparaît une nouvelle semaine du Fê commence par
le Mêdjo et ce, quelque soit l’étape où se trouve la semaine
en cours. Par exemple on a eu le Vodoun le 18 Janvier 2007 ; on aurait dû avoir le
Azon juste après, c’est-à-dire le 19 Janvier, mais c’est le
Mêdjo qu’on a eu puisque le 19 janvier correspondait à
l’apparition de la nouvelle lune.
Ce calendrier est le résultat de longues années d’observation de la nature et
de ses phénomènes par nos ancêtres, transmis oralement de génération en
génération. Ils ont découvert que les résultats des actions importantes que
l’on mène diffèrent en fonction du Fê sur lequel on les démarre.
Le Fê zan est élaboré et vendu en chaque début d’année par
ceux qui s’y connaissent. Il est établi sur la base du calendrier grégorien.
Certaines dates sont par ailleurs répertoriées comme étant les mauvais jours de
l’année. Sur ces dates, il est recommandé de ne entreprendre rien d’heureux ou
d’important même si le Fê qui y correspond est favorable. A titre d’exemple,
nous avons les dates ci-après :
- Janvier : 1, 2, 6, 11, 17,18
- Février : 8, 16, 17
- Mars : 2, 12, 13, 18
- Avril : 1, 3, 15, 17, 18
- Mai : 8, 10, 17, 30
Notons enfin qu’en Fon-gbé, l’une des principales langues
nationales au Bénin, le mois est appelé « Soun » ce
qui signifie littéralement lune et que le dimanche est « Vodoun
Gbé », le jour du vodou.
lundi 8 janvier 2007
Le vodou à l’honneur au Bénin.
Par Géraud le lundi 8 janvier 2007, 00:02
Le 10 janvier est depuis une dizaine d’années jour férié au Bénin.
C’est la journée consacrée à la religion traditionnelle. Encore appelée
animisme ou vodou, elle constitue un patrimoine, un vestige cultuel et culturel
du Bénin et de l’Afrique. Offrandes, sacrifices et libation sont faits aux
différentes divinités au cours des festivités de ce jour.
Issu de la langue béninoise Fon, le terme vodou n’a pas une
signification précise. Certaines interprétations littérales l’assimilent à une
source inépuisable où l’adepte est invité à puiser de façon allègre. Mais par
consensus, le vodou est défini comme la puissance surnaturelle
transcendante ; l’insondable. Il repose sur la croyance d’un Dieu suprême
mâle et femelle (Mahu et Lissa) qui ont enfanté différentes
divinités. Ces divinités sont à la fois matérielles et immatérielles. Elles
sont incarnées dans les arbres, dans l’air, la terre, l’eau...

C’est à travers les rituels, les incantations, la transe, les chants et
danses, que les adeptes établissent le contact avec les divinités et les
esprits des ancêtres. Il est primordial de consulter l’oracle (le message de la
divinité) grâce au Fâ. Un dignitaire du vodou procède à cette
consultation impérative avant toute cérémonie. Il se sert d’une sorte de
chapelet fait avec des noyaux de pomme locale ou d’un ensemble hétéroclite
composé de vertèbres d’animaux, de coquillages et de noyaux. Il faut alors
exécuter à la lettre les
prédictions afin de bénéficier de l’assistance et de la protection des
divinités. Il est répertorié près de trois cents divinités dont les principales
sont entre autres :
Lègba : il est matérialisé par une motte de
terre plus ou moins géante érigée souvent à l’entrée des villages, des maisons
ou au cœur des marchés. Il est censé apporter protection, paix et prospérité,
il peut également punir.
Xêvioso : c’est une divinité du ciel qui se
manifeste par la foudre. Symbolisé par une double hache, il est le dieu
justicier qui châtie les voleurs, les menteurs, les malfaiteurs.
"Sakpata": encore appelé la terre, il est très craint et les
gens n’osent pas prononcer son nom. C’est la divinité qui propage la
variole.
Dan : c’est le serpent. Il se manifeste à
travers l’arc-en-ciel. Il peut aussi se présenter aussi sous forme d’un homme
et combler de richesses ceux qui l’accueillent bien.
Gou : c’est la divinité des forgerons, des
chasseurs ou de tous ceux qui manipulent le fer ou les armes en fer. C’est un
dieu représenté par un amas de ferrailles. Il protége mais il peut punir
également par des accidents sanglants.
Chacune de ces divinités a des adeptes initiés qui leurs font périodiquement les cérémonies idoines. Qu’on soit croyant ou non, le vodou reste une réalité culturelle forte dans laquelle on naît et avec laquelle on vit au Bénin et dans certains pays africains. Le vodou a été exporté sur le continent américain grâce à la traite négrière. Au Brésil en Haïti et aux Etats-Unis (Louisiane) plus précisément, les divinités, les noms, les rituels et les incantations sont quasi similaires à ce qui se fait au Bénin.
Le champ du vodou reste encore aujourd’hui très vaste, ésotérique et complexe. Et le mystère est bien entretenu au sein des couvents et forêts sacrées où l’héritage est légué au fil des générations à travers une tradition orale.
dimanche 17 décembre 2006
La liberté d’expression au Bénin a bonne presse.
Par Géraud le dimanche 17 décembre 2006, 14:35
Alors que de vieilles démocraties occidentales dégringolent le Bénin
a pour la troisième fois consécutive confirmé la bonne santé de la libre
expression de ses médias. Le classement mondial de la liberté de la presse
2006, effectué par Reporter Sans frontière place ce pays au 23ème rang mondial
(au même titre que l’Allemagne) devant des pays tels que la France, l’Italie,
l’Espagne et les Etats-Unis respectivement 35ème, 40ème, 41ème et
53ème.
Seulement, face à des cas fréquents de dérapages et d’abus de la liberté,
les journalistes béninois ont mis en place l’ ODEM, une organisation
d’autorégulation. Créé en 1999 par l’ensemble des associations
professionnelles, l’Observatoire de la Déontologie et de l’Ethique dans les
Médias (ODEM) du Bénin est un conseil de presse dont la mission est de
responsabiliser les médias, de lutter pour la liberté de la presse et de
garantir au public une information crédible. Face aux dérapages, il prononce
des condamnations sans effet et peine à imposer le Code de Déontologie dans une
presse béninoise en crise morale et identitaire. La tenue en novembre 2002 des
Etats Généraux de la Presse a permis de renforcer son autorité et de lui
conférer des pouvoirs de sanctions coercitives. L’ODEM a désormais quelques
chances d’assumer pleinement son rôle d’autorégulation.
L’ Observatoire de la Déontologie et de l’Ethique dans les Médias, c’est le
titre du mémoire que j’ai écrit en juin 2006 dans le cadre du Diplôme de
l’Institut Français de Presse, spécialité Médias, sociétés et mondialisation à
l’Université Panthéon Assas ParisII.
Pour plus de détails, je vous invite à lire le corps du mémoire en annexe ci-dessous.
mercredi 13 décembre 2006
Noël au Bénin, un jeu d’enfants !!!
Par Géraud le mercredi 13 décembre 2006, 18:49
__ Noël !!! C’est très proche et
l’effervescence des préparatifs est perceptible dans les villes françaises avec
la décoration particulière des rues et des appartements qui s’affine au jour le
jour. La fièvre de l’imminence de la fête est également remarquable dans les
grandes surfaces et magasins. L’affluence particulière en ces lieux et le
défilé de caddies remplis de jouets constituent des signes qui ne trompent pas.
Noël, en France, reste une fête familiale, une occasion où « le Père
Noël » fait des cadeaux aussi bien aux enfants qu’aux adultes.
A mille lieux de Paris, à Cotonou la capitale économique du Bénin, la fête de
Noël s’annonce aussi. Des rues sont plus ou moins décorées avec des guirlandes
et des portraits du Père Noël (avec sa barbe blanche et son manteau rouge) qui
trônent sous une température de 32° environ. Dans les magasins, les jouets pour
enfant et les soldes en général rivalisent. Ici, Noël, c’est avant tout la fête
des enfants. C’est aux enfants qu’on fait des cadeaux. A comparer aux enfants
en France, le Père Noël ne passe pas systématiquement et le nombre de cadeaux
reçu par enfant est très limité. Ils sont donc très nombreux les enfants qui ne
reçoivent aucun cadeau. Pourtant, ils fêtent Noël à leur façon.__
Les masques kaléta
C’est fréquent de rencontrer en novembre décembre dans les rues au Bénin,
des groupes d’enfants ou d’adolescents accompagnant un masque. Il s’agit des
groupes de Kaléta. C’est souvent un groupe d’une dizaine de personnes,
une bande structurée en chanteurs en joueurs d’instruments (sommaires) avec un
ou deux enfants accoutrés et masqués. Ils circulent de maisons en maisons
offrant leur show et moyennant la gratification de quelque menue monnaie. Des
chansons populaires de Noël sont exécutées et le Kaléta (le masque)
danse avec brio. Après la gratification, une chanson de remerciement ferme la
marche. Mais lorsque le spectacle n’est pas suivi du geste attendu, la séance
est conclue avec une chanson dédiée à l’avare, tout ceci dans une ambiance
conviviale.
Kaléta, à l’origine est importé du Brésil. C’est l’héritage du retour massif
d’anciens esclaves du Brésil sur le Golfe du Bénin entre 1830 et 1835. Il ressemble
assez bien au Buriyan, danse festive de masques caractéristique des
milieux Agouda (nom donné aux afro-brésiliens) de la ville de Ouidah (Anciennement cité de départ des esclaves, Ouidah
portent encore aujourd’hui les cicatrices de ce passé douloureux).
Depuis lors, la tradition du Kaléta a été appropriée et transmise de
génération en génération par les enfants au Bénin. Il reste néanmoins un show
exclusif de la période de Noël durant lequel les enfants se font doublement
plaisir. La joie de chanter, de jouer en groupe et la possibilité de se faire
des sous. Un groupe bien organisé et dynamique, avec un masque original peut
s’attendre à un partage conséquent à la fin de la tournée.
Au fil des ans, ils sont nombreux ceux qui pensent que cette bonne ambiance de
Noël s’émousse. L’urbanisation, le coût des masques, les
contraintes liées à la constitution de groupes… en seraient les causes. Il est
tout de même évident que de nouvelles pratiques plus solitaires ont vu le jour.
Beaucoup d’enfants se mettent à la fabrication de crèche.
Les cartons ambulants
Les enfants qui n’ont pas envie ou qui n’ont pas la possibilité de
constituer des groupes ont eu l’idée de la fabrication de crèche. Un carton,
quelques images religieuses et gadgets, des bougies et ça y est ! La
crèche est prête à être promenée. Le principe est similaire à celui du Kaléta.
La crèche est présentée aux adultes avec une chanson de souhait de vœux, contre
gratification, bien entendu. Cependant ce n’est pas drôle de promener les
crèches la journée. Les cartons ambulants ont plus de succès le soir : la
bougie illumine les images. Ceux qui sont les mieux décorés se font remarquer
facilement dans le lot des cartons lumineux ambulants qu’on rencontre sur les
places publiques ou dans les rues. La présentation de la crèche s’accompagne
toujours d’une seule et même chanson « Dodémè kpo homè hun hun kpo.. . »,
refrain d’une chanson chrétienne d’appel à contribution. Seulement l’appel
n’est pas toujours entendu par les adultes.
Si les groupes de kaléta arrivent encore à séduire avec le masque et
l’originalité de l’accoutrement, les cartons ambulants quant à eux peinent à
convaincre les adultes à mettre la main à la poche. Pour autant, les enfants ne
se découragent pas. Apparemment, ils savent bien s’amuser à Noël. 