Regard'ailleurs

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samedi 29 décembre 2007

Bientôt la fête du Vodoun.

Le Bénin célébrera, la fête du Vodoun, le 10 janvier prochain. La fête aura lieu un peu partout dans le pays. Chaque dignitaire honore ses divinités à l’occasion. Si vous avez l’occasion d’aller au sud du pays, ne ratez pas les cérémonies de la veille de fête au palais royal d’Allada. Sa Majesté Kpodégbé Toï Djigla, Roi d’Allada va lancer comme à l’accoutumée les festivités le 9 janvier avec tous les dignitaires de la cour et avec de nombreux adeptes. Allada, une ville située à une cinquantaine de kilomètres au nord de Cotonou est considérée comme étant le berceau du Vodoun et de la culture Adja-Tado. Le roi d’Allada se rendra ensuite, le jour de la fête, à la plage de Ouidah pour concélébrer les consécrations appropriées avec Dagbo Hounon, le chef du culte résidant à Ouidah. C’est un rendez-vous à ne pas rater si on veut voir l’aspect solennel de la fête. D’autres endroits du pays comme la plage de Grand Popo pourraient être intéressants. Sinon à Cotonou, il y aura des spectacles de danses des masques « revenants » dans l’après-midi du 10 janvier.

jeudi 22 novembre 2007

Taxis motos, mêmes fonctions de Paris à Cotonou.

moto_taxi_paris.jpg "Déjà 20 000 trajets et 3 400 clients transportés par 12 taxis-moto dans Paris", peut-on lire sur le site de Citybird, la société qui expérimente les motos taxis à Paris. Elle se présente comme étant le partenaire privilégié des cadres supérieurs et dirigeants pressés de Paris. Prendre un taxi moto en effet peut permettre de gagner du temps et de contourner les embouteillages de la capitale française. Le coût : 25€ le trajet Paris Intra Muros, un trajet Paris petite couronne à partir de 30€ et à partir de 50€ pour se rendre aux aéroports.

Ailleurs, au Bénin les taxis motos font partie des habitudes de transport depuis plusieurs années déjà. Ils sont appelés Zémidjans, ce qui signifie en langue nationale Fon "prends moi". A l’origine le phénomène de taxi moto a démarré à Porto-Novo avec des cyclistes qui étaient payés pour transporter les marchandises des dames, des villages vers les marchés. Les motos ont pris la suite un peu plus tard et ont transporté les marchandises et les personnes. PENTAX Image
De Porto-Novo, l’expérience s’est propagée dans tout le pays et même dans certaines villes frontalières. Encore appelé Kêkênon (l’homme à moto) les zémidjan ou les zém constituent le premier et le plus pratique des transports dans le pays. Ils sont estimés à plus de 36000 à Cotonou et font partie du décor de la ville. Ils sont facilement reconnaissables à leurs chemises jaunes. Pour les prendre, il suffit d’aller à une place publique, un carrefour où ils attendent des clients. Ils déambulent également à la recherche de clients. Il vous suffit de faire un petit signe de main ou de les siffler pour qu’ils viennent à vous. Le reste, vous indiquer votre destination ; le zém vous dit son prix ; vous le négociez et s’il vous convient, ça y est. Vogue la moto ! Les prix de la course varient entre 100 et 300 francs CFA, selon la distance. L’avantage des zém, c’est qu’ils vous déposent devant votre portail ou vraiment à l’endroit où vous vous rendez. Ils peuvent vous conduire à des endroits que vous ne connaissez pas bien. Mieux, en saison pluvieuse, ils sont prêts à vous emmener même dans les zones enclavées du fait de l’inondation. Ils sont aussi une véritable alternative aux embouteillages.
Attention ! Rappelez gentiment votre zém à l’ordre quand il est en excès de vitesse ou quand manifestement il ne respecte pas le code de la route, surtout quand il grille les feux tricolores.

De Paris à Cotonou, les objectifs des taxis motos semblent être les mêmes malgré la différence des moyens dont ils disposent et des usagers qui s’en servent. J’avoue néanmoins avoir été très surpris par cette révolution dans le transport des passagers à Paris.

dimanche 16 septembre 2007

La fin de la crise du GSM au Bénin

cotonou_gsm1.gif10 jours après Telecel, l’opérateur GSM Areeba fonctionne à nouveau et ce depuis hier samedi 16 septembre. C’est l’issue de plus de deux mois de bras de fer entre ces deux réseaux de téléphonie mobile et le gouvernement béninois.

Le 06 Juillet 2007, l’autorité de régulation des télécommunications du Bénin avait pris la décision de suspendre les réseaux Télécel-Moov et Areeba-MTN, les deux principaux opérateurs de téléphonie mobile au Bénin pour violation du cahier des charges.
Selon le communiqué officiel, les deux opérateurs ont accepté de se conformer à la loi et de payer la licence d’exploitation qui s’élève à 10 milliards Cfa. Malgré le soulagement des abonnés, cette situation de crise a été un cauchemar pour ces derniers qui se sont vus couper du jour au lendemain… Cette situation a également favorisé l’arrivée d’un nouvel opérateur sur le marché. Global Com a signé un contrat d’exploitation dans la foulée des discussions avec les opérateurs sous sanction.
Désormais, ce sont 5 opérateurs qui devront partager le marché de 6 millions de consommateurs potentiels.

mardi 17 avril 2007

Famille JAH : La preuve que le retour en Afrique est possible

Le-couple-Jah.jpg Imaginez des familles noires américaines émigrant par vague vers l’Afrique. Imaginez un afflux de plus en plus croissant de ces personnes vers le continent noir, la terre de leurs ancêtres déportés en Amérique par les négriers. On n’en est hélas pas encore là. On en est peut-être encore loin. Mais cette perspective, la famille JAH y crois très fort. Le 15 Avril 1997, cette famille française rastafari de la Guadeloupe débarquait au Bénin, la terre d’où ses ancêtres auraient été déportés.
Retourner définitivement en Afrique après plusieurs siècles "d’exile". Le projet paraît bien évidemment audacieux. Certains l’avaient même trouvé complètement débile. « Les médias européens nous avaient donné trois mois pour repartir en Guadeloupe », déclare toute émue Mère JAH, comme on l’appelle affectueusement au Bénin.
Dix ans après, elle n’a pas regretté sa décision de suivre son mari, le Père JAH, leurs quatre enfants et quelques uns de leurs neveux, abandonnant les nombreux privilèges que leur offre la nationalité française.
Pour elle comme pour sa famille ce retour est une victoire, «une victoire sur une histoire qui avait déjà écrit "la porte du non retour" mais que nous faisons mentir par ce retour ». La famille JAH est très populaire au Bénin où elle bénéficie d’un accueil très hospitalier de la part des populations qu’elle côtoie. Ce retour a d’ailleurs été encouragé par l’ancien président Mathieu Kérékou lui-même.

Aujourd’hui, la famille anime une école, "l’école endogène Jardin de la Fraternité" qui accueille et éduque chaque année des dizaines d’enfants démunis. Elle a initié également un projet d’agriculture biologique au profit des adolescents et jeunes béninois désireux de pratiquer l’agriculture. Et pour ne pas être un sas unique (car il faut bien reconnaître que cette expérience ne fait pas encore beaucoup d’émules), la famille JAH a créé une ambassade culturelle de la diaspora du peuple de Jah (le peuple de Dieu) pour "permettre aux générations déportées d’avoir une adresse (…) en terre d’Afrique". La-famille-Jah.jpgCette structure organise chaque année des pèlerinages en terre africaine pour des africains américains. Mais cette expérience, loin s’en faut, n’est pas une partie de plaisir. Quelques petits écueils persistent encore. Mais "ils sont dus à l’ignorance et à l’amnésie des africains d’aujourd’hui qui ont oublié ce crime perpétré contre leur race", banalise le Père JAH qui assure que cela ne peut qu’être passager.

mardi 6 mars 2007

Quintessence,le Festival International du Film de Ouidah s’invite à Melun en France.

Quintessence, le festival international du film de Ouidah s’exporte à Melun en France du 7 au 10 mars 2007. Trois longs métrages et un court métrage primés à la 5ème édition de Quintessence (Janvier 2007) seront projetés à l’auditorium de l’Astrolabe en présence des artistes. Ces projections s’inscrivent dans le cadre des activités liées au jumelage de Ouidah (Bénin) et de Melun (France).
quintessence_img.jpgInitié par le cinéaste béninois Jean Odoutan, Quintessence, le festival international du film de Ouidah se déroule tous les ans. Il se positionne comme un créneau de promotion de films nouveaux, pertinents et originaux et de dialogue multiculturel. Les sélections officielles du festival sont constituées de longs métrages de fiction (cinéma et télévision) de courts métrages de fiction et de documentaires.
Voici les œuvres primées à la 5ème édition :

  • Python Royal, grand prix du festival : "Si le vent soulève les sables" de Marion

Hänsel (Belgique)

  • Python Pygmée, prix du court-métrage : "Binta et la grande idée" de Javier

Fesser (Espagne-Sénégal)

  • Python Papou, prix du documentaire : "Calypso at Dirty Jim's " de Pascale Obolo (Trinidad) - Mention spéciale du jury : "Congo River" de Thierry Michel

(Belgique-Congo) - Encouragements du jury : "Juste un peu d'amour" de Jemima Catraye (Bénin) .

  • Python Children, prix du public : "Héritages, la sorcière" de Francis Zossou

(Bénin)

  • Prix Henri Duparc : "Bul Deconné" de Massaer Seng et Marc Picavez

(France-Sénégal, long métrage). Python à Tête noire, Prix du scénario : "Kinshasa Palace" de Zéka Laplaine (RDC)
Jean Odoutan a également fondé l’Institut Cinématographique de Ouidah (ICO), première école africaine gratuite de l'image, du son et de réalisation de films d'Animation.

mercredi 28 février 2007

"Africa Paradis" Rappel

africaparadis.gifPour ceux qui ont lu mon précédent billet sur ce film réalisé par le Béninois Sylvestre Amoussou, c'est aujourd'hui le jour J. On peut voir ce film à Espace Saint-Michel - 7 place Saint-Michel 75005 PARIS - Métro Saint Michel. Il semble que les cartes " PASS " ET " UGC ILLIMITE " sont acceptées. C'est donc ce soir à 2Oh20. Consulter la bande annonce. Consulter les horaires de programmation.

mercredi 14 février 2007

Le « Fê Zan » ou le calendrier lunaire.

lune.jpgEmménager dans une nouvelle maison, effectuer un voyage important, inaugurer son entreprise, faire une cérémonie, se marier ; bref choisir le jour d’un événement décisif ou important dans sa vie ne se fait pas au hasard au Bénin. A défaut de consulter l’oracle (en allant voir un prêtre du Vodou), beaucoup de personnes consultent le calendrier lunaire : le Fê zan.
Le calendrier lunaire compte des cycles de semaines appelées . Une semaine est composée de 9 jours, allant du Mèdjo à . Ces différents jours correspondent à une étape particulière dans la vie, ils sont interdépendants et ont chacun une prescription particulière.
Voici l’ordre et la signification des différents jours :

  1. Mêdjo : c’est la naissance de l’être humain, le point de départ de la vie, premier jour lunaire. C’est le jour favorable par excellence pour entreprendre quelque chose d’important. C’est davantage conseillé d’agir ou de choisir ce jour surtout quand il correspond à un jeudi.
  2. Mêkou : signifie la mort de l’être humain. Deuxième jour lunaire, il fait partie des jours de malheur. Il est donc déconseillé de le choisir. Néanmoins, il peut bien convenir aux enterrements ou aux sacrifices pour les défunts.
  3. Vodoun : jour du sacré, jour vaudou, troisième jour, s’interprète comme la mutation en un esprit ou en un dieu de celui meurt. Il est du lot des jours favorables. Il est surtout recommandé de démarrer les cérémonies (cultuelles) quand Vodoun tombe sur un dimanche.
  4. Azon : correspond à la maladie, quatrième jour. C’est un mauvais jour. Le mort incarné dans l’esprit, est susceptible de hanter son milieu de vie avant la mort et d'y faire planer la malédiction, la maladie, qu’il faut conjurer.
  5. Vo : c’est le sacrifice, cinquième jour lunaire. C’est par le Vo qu’on peut conjurer le mauvais sort ou rompre un maléfice. Il peut être considéré comme un bon jour.
  6. Houè : c’est le jugement. La pose des ingrédients sacrificiels du Vo peut engendrer dans le voisinage, des disputes, conflits et des menaces. C’est un mauvais jour.
  7.  : le sort (bon ou mauvais). C’est la conséquence du conflit du Houè. Les protagonistes se jettent des maléfices. Septième jour lunaire, c’est un bon jour pour jeter des sorts (bons ou mauvais) surtout quand ça tombe sur un mardi.
  8. Hin ou  : c’est la misère. Le fait de jeter un sort rend momentanément pauvre selon la tradition. C’est déconseillé d’entreprendre quelque chose d’important ce jour.
  9.  : neuvième et dernier jour lunaire, c’est le jour de la consultation de l’oracle afin de comprendre et de combattre les malheurs. C’est considéré comme un jour favorable.


L’usage du Fê zan va au-delà des représentations symboliques de ces jours. Il s’agit en fait, quand on en a la possibilité, d’opérer les choix de dates ou de jours d’événements importants au regard des différentes prescriptions et des circonstances. Il convient cependant de préciser que la base de ce cycle reste et demeure le cycle lunaire. C’est-à-dire que dès qu’une nouvelle lune apparaît une nouvelle semaine du commence par le Mêdjo et ce, quelque soit l’étape où se trouve la semaine en cours. Par exemple on a eu le Vodoun le 18 Janvier 2007 ; on aurait dû avoir le Azon juste après, c’est-à-dire le 19 Janvier, mais c’est le Mêdjo qu’on a eu puisque le 19 janvier correspondait à l’apparition de la nouvelle lune.
Ce calendrier est le résultat de longues années d’observation de la nature et de ses phénomènes par nos ancêtres, transmis oralement de génération en génération. Ils ont découvert que les résultats des actions importantes que l’on mène diffèrent en fonction du Fê sur lequel on les démarre.
Le Fê zan est élaboré et vendu en chaque début d’année par ceux qui s’y connaissent. Il est établi sur la base du calendrier grégorien. Certaines dates sont par ailleurs répertoriées comme étant les mauvais jours de l’année. Sur ces dates, il est recommandé de ne entreprendre rien d’heureux ou d’important même si le Fê qui y correspond est favorable. A titre d’exemple, nous avons les dates ci-après :

  • Janvier : 1, 2, 6, 11, 17,18
  • Février : 8, 16, 17
  • Mars : 2, 12, 13, 18
  • Avril : 1, 3, 15, 17, 18
  • Mai : 8, 10, 17, 30


Notons enfin qu’en Fon-gbé, l’une des principales langues nationales au Bénin, le mois est appelé « Soun » ce qui signifie littéralement lune et que le dimanche est « Vodoun Gbé », le jour du vodou.

lundi 8 janvier 2007

Le vodou à l’honneur au Bénin.


Le 10 janvier est depuis une dizaine d’années jour férié au Bénin. C’est la journée consacrée à la religion traditionnelle. Encore appelée animisme ou vodou, elle constitue un patrimoine, un vestige cultuel et culturel du Bénin et de l’Afrique. Offrandes, sacrifices et libation sont faits aux différentes divinités au cours des festivités de ce jour.

Issu de la langue béninoise Fon, le terme vodou n’a pas une signification précise. Certaines interprétations littérales l’assimilent à une source inépuisable où l’adepte est invité à puiser de façon allègre. Mais par consensus, le vodou est défini comme la puissance surnaturelle transcendante ; l’insondable. Il repose sur la croyance d’un Dieu suprême mâle et femelle (Mahu et Lissa) qui ont enfanté différentes divinités. Ces divinités sont à la fois matérielles et immatérielles. Elles sont incarnées dans les arbres, dans l’air, la terre, l’eau...
vodou.gif

C’est à travers les rituels, les incantations, la transe, les chants et danses, que les adeptes établissent le contact avec les divinités et les esprits des ancêtres. Il est primordial de consulter l’oracle (le message de la divinité) grâce au . Un dignitaire du vodou procède à cette consultation impérative avant toute cérémonie. Il se sert d’une sorte de chapelet fait avec des noyaux de pomme locale ou d’un ensemble hétéroclite composé de vertèbres d’animaux, de coquillages et de noyaux. Il faut alors exécuter à la lettre les prédictions afin de bénéficier de l’assistance et de la protection des divinités. Il est répertorié près de trois cents divinités dont les principales sont entre autres :
Lègba : il est matérialisé par une motte de terre plus ou moins géante érigée souvent à l’entrée des villages, des maisons ou au cœur des marchés. Il est censé apporter protection, paix et prospérité, il peut également punir.
Xêvioso : c’est une divinité du ciel qui se manifeste par la foudre. Symbolisé par une double hache, il est le dieu justicier qui châtie les voleurs, les menteurs, les malfaiteurs.
"Sakpata": encore appelé la terre, il est très craint et les gens n’osent pas prononcer son nom. C’est la divinité qui propage la variole.
Dan : c’est le serpent. Il se manifeste à travers l’arc-en-ciel. Il peut aussi se présenter aussi sous forme d’un homme et combler de richesses ceux qui l’accueillent bien.
Gou : c’est la divinité des forgerons, des chasseurs ou de tous ceux qui manipulent le fer ou les armes en fer. C’est un dieu représenté par un amas de ferrailles. Il protége mais il peut punir également par des accidents sanglants.

Chacune de ces divinités a des adeptes initiés qui leurs font périodiquement les cérémonies idoines. Qu’on soit croyant ou non, le vodou reste une réalité culturelle forte dans laquelle on naît et avec laquelle on vit au Bénin et dans certains pays africains. Le vodou a été exporté sur le continent américain grâce à la traite négrière. Au Brésil en Haïti et aux Etats-Unis (Louisiane) plus précisément, les divinités, les noms, les rituels et les incantations sont quasi similaires à ce qui se fait au Bénin.

Le champ du vodou reste encore aujourd’hui très vaste, ésotérique et complexe. Et le mystère est bien entretenu au sein des couvents et forêts sacrées où l’héritage est légué au fil des générations à travers une tradition orale.

dimanche 17 décembre 2006

La liberté d’expression au Bénin a bonne presse.

Alors que de vieilles démocraties occidentales dégringolent le Bénin a pour la troisième fois consécutive confirmé la bonne santé de la libre expression de ses médias. Le classement mondial de la liberté de la presse 2006, effectué par Reporter Sans frontière place ce pays au 23ème rang mondial (au même titre que l’Allemagne) devant des pays tels que la France, l’Italie, l’Espagne et les Etats-Unis respectivement 35ème, 40ème, 41ème et 53ème.

Seulement, face à des cas fréquents de dérapages et d’abus de la liberté, les journalistes béninois ont mis en place l’ ODEM, une organisation d’autorégulation. Créé en 1999 par l’ensemble des associations professionnelles, l’Observatoire de la Déontologie et de l’Ethique dans les Médias (ODEM) du Bénin est un conseil de presse dont la mission est de responsabiliser les médias, de lutter pour la liberté de la presse et de garantir au public une information crédible. Face aux dérapages, il prononce des condamnations sans effet et peine à imposer le Code de Déontologie dans une presse béninoise en crise morale et identitaire. La tenue en novembre 2002 des Etats Généraux de la Presse a permis de renforcer son autorité et de lui conférer des pouvoirs de sanctions coercitives. L’ODEM a désormais quelques chances d’assumer pleinement son rôle d’autorégulation.

L’ Observatoire de la Déontologie et de l’Ethique dans les Médias, c’est le titre du mémoire que j’ai écrit en juin 2006 dans le cadre du Diplôme de l’Institut Français de Presse, spécialité Médias, sociétés et mondialisation à l’Université Panthéon Assas ParisII.
Pour plus de détails, je vous invite à lire le corps du mémoire en annexe ci-dessous.

mercredi 13 décembre 2006

Noël au Bénin, un jeu d’enfants !!!

kaleta.gif __ Noël !!! C’est très proche et l’effervescence des préparatifs est perceptible dans les villes françaises avec la décoration particulière des rues et des appartements qui s’affine au jour le jour. La fièvre de l’imminence de la fête est également remarquable dans les grandes surfaces et magasins. L’affluence particulière en ces lieux et le défilé de caddies remplis de jouets constituent des signes qui ne trompent pas. Noël, en France, reste une fête familiale, une occasion où « le Père Noël » fait des cadeaux aussi bien aux enfants qu’aux adultes.
A mille lieux de Paris, à Cotonou la capitale économique du Bénin, la fête de Noël s’annonce aussi. Des rues sont plus ou moins décorées avec des guirlandes et des portraits du Père Noël (avec sa barbe blanche et son manteau rouge) qui trônent sous une température de 32° environ. Dans les magasins, les jouets pour enfant et les soldes en général rivalisent. Ici, Noël, c’est avant tout la fête des enfants. C’est aux enfants qu’on fait des cadeaux. A comparer aux enfants en France, le Père Noël ne passe pas systématiquement et le nombre de cadeaux reçu par enfant est très limité. Ils sont donc très nombreux les enfants qui ne reçoivent aucun cadeau. Pourtant, ils fêtent Noël à leur façon.__

Les masques kaléta

C’est fréquent de rencontrer en novembre décembre dans les rues au Bénin, des groupes d’enfants ou d’adolescents accompagnant un masque. Il s’agit des groupes de Kaléta. C’est souvent un groupe d’une dizaine de personnes, une bande structurée en chanteurs en joueurs d’instruments (sommaires) avec un ou deux enfants accoutrés et masqués. Ils circulent de maisons en maisons offrant leur show et moyennant la gratification de quelque menue monnaie. Des chansons populaires de Noël sont exécutées et le Kaléta (le masque) danse avec brio. Après la gratification, une chanson de remerciement ferme la marche. Mais lorsque le spectacle n’est pas suivi du geste attendu, la séance est conclue avec une chanson dédiée à l’avare, tout ceci dans une ambiance conviviale.
Kaléta, à l’origine est importé du Brésil. C’est l’héritage du retour massif d’anciens esclaves du Brésil sur le Golfe du Bénin entre 1830 et 1835. Il ressemble assez bien au Buriyan, danse festive de masques caractéristique des milieux Agouda (nom donné aux afro-brésiliens) de la ville de Ouidah (Anciennement cité de départ des esclaves, Ouidah portent encore aujourd’hui les cicatrices de ce passé douloureux).
Depuis lors, la tradition du Kaléta a été appropriée et transmise de génération en génération par les enfants au Bénin. Il reste néanmoins un show exclusif de la période de Noël durant lequel les enfants se font doublement plaisir. La joie de chanter, de jouer en groupe et la possibilité de se faire des sous. Un groupe bien organisé et dynamique, avec un masque original peut s’attendre à un partage conséquent à la fin de la tournée.
Au fil des ans, ils sont nombreux ceux qui pensent que cette bonne ambiance de Noël s’émousse. L’urbanisation, le coût des masques, les contraintes liées à la constitution de groupes… en seraient les causes. Il est tout de même évident que de nouvelles pratiques plus solitaires ont vu le jour. Beaucoup d’enfants se mettent à la fabrication de crèche.

Les cartons ambulants

Les enfants qui n’ont pas envie ou qui n’ont pas la possibilité de constituer des groupes ont eu l’idée de la fabrication de crèche. Un carton, quelques images religieuses et gadgets, des bougies et ça y est ! La crèche est prête à être promenée. Le principe est similaire à celui du Kaléta. La crèche est présentée aux adultes avec une chanson de souhait de vœux, contre gratification, bien entendu. Cependant ce n’est pas drôle de promener les crèches la journée. Les cartons ambulants ont plus de succès le soir : la bougie illumine les images. Ceux qui sont les mieux décorés se font remarquer facilement dans le lot des cartons lumineux ambulants qu’on rencontre sur les places publiques ou dans les rues. La présentation de la crèche s’accompagne toujours d’une seule et même chanson « Dodémè kpo homè hun hun kpo.. . », refrain d’une chanson chrétienne d’appel à contribution. Seulement l’appel n’est pas toujours entendu par les adultes.
Si les groupes de kaléta arrivent encore à séduire avec le masque et l’originalité de l’accoutrement, les cartons ambulants quant à eux peinent à convaincre les adultes à mettre la main à la poche. Pour autant, les enfants ne se découragent pas. Apparemment, ils savent bien s’amuser à Noël.