Regard'ailleurs

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dimanche 30 octobre 2011

Printemps arabe : une révolution peut en cacher une autre…

Le dictateur est finalement tombé en Lybie et les anciens rebelles, nouvelles autorités proclament la libération du pays et la nouvelle ère. « Levez haut vos têtes. Vous êtes des Libyens libres », a déclaré le vice-président du CNT, Abdel Hafez Ghoga. Dans le même temps la Tunisie est allée aux urnes et les médias s’empressent d’annoncer une « élection historique, un véritable succès démocratique ». Drapeau de la Tunisie
L’impulsion des révoltes arabes qui a démarré dans ce pays continue de faire des morts ailleurs. Et c’est sans doute le sacrifice à consentir pour une aspiration légitime des peuples à la liberté.

Pour ceux qui ont passé le cap du soulèvement et de la confrontation avec les anciens pouvoirs, le plus dur commence. A coup sûr, un nouveau système viendra remplacer celui combattu et déchu. Sera-t-il transparent et incorruptible ad vitam aeternam ? Rien n’est moins sûr.
L’histoire a connu moult révolutions et dans la pratique, ce sont des tiers qui finalement en profitent, tout en la dépouillant de son âme, de ses aspirations originelles, au nom du même peuple. Aujourd’hui encore, j'ai l'impression que l’histoire s’écrit devant nous, têtue.

Les imposteurs de tous acabits sont aux aguets, se frottant les mains. Ils n’ont pas les mêmes intérêts, ils ne sont pas du même clan mais tels de lugubres vautours, ils sont aux portes et attendent le bon moment. Au nom de la démocratie, au nom de leur soutien supposé à la révolte, ils vont piller les ressources, asseoir leur domination et installer un nouveau système, en fait le même qui a été combattu.

C’est du déjà vu et je crains malheureusement qu’on soit à l’aube d’un nouveau marché de dupe. Le roi est mort, vive le roi.

dimanche 2 octobre 2011

"...De la musique jaillit la lumière."

Une création musicale, poly-sonique, rythmique, lancinante et tonique, parfois traînante et vive, claire et obscure…Il n’y aura pas assez d’adjectifs pour la décrire. En fait il faut juste la sentir, l’apprivoiser, lâcher prise et se laisser emporter par la vague saillante, diffuse. C’est un genre de musique qu’on écoute en transpirant alors qu’on n’a fait nul effort. Elle transporte dans une onde, elle berce, fracasse, elle fait léviter et puis vous relâche, elle picote…

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Source photo : profil Facebook de l'artiste

J’ai eu le privilège de le voir, l’écouter et de le sentir le 30 septembre à la Loge à Paris 11è. Les deux parties du récital m’ont amené à avoir deux différentes sensations.

La créatrice à mon sens a fait plaisir au public en première partie. Ce fut pour moi un tour de voyage musical sur plusieurs thématiques et plusieurs contrées, les unes aussi poivrées que les autres et formant un tout très homogène.

La deuxième partie qu’elle a présentée comme étant sa dernière création, en cours, a été livrée en un bloc, sans discontinuer. L’artiste et l’œuvre ont apparemment fait corps. Je l’ai perçue comme ayant été un moment de fusion à la fois vitale et « thanatique » entre la voix, les sons et les postures de l’artiste. Elle était comme en transe à l’instar de ce qui peut s’observer lors d’initiatiques vaudou dans des pays de l’Afrique de l’Ouest. Cette musique avait comme quelque chose de mystique ; intensément « vibratique » avec un fil rouge fait d’om. Elle a rappelé à mon souvenir, « Souffle » un poème de Birago Diop.

A la fin, un peu essoufflé, j’ai consulté par curiosité le flyer qui m’y a convié et j’ai pu lire : « C’est de la musique qui ne ressemble pas. Merci de ne pas venir (...) si vous souhaitez voir et entendre un truc habituel. »

Pour en savoir davantage, visiter son site, elle s’appelle Perrine en morceaux. Et si vous souhaiter découvrir son œuvre, oubliez ce que vous avez lu et allez-y sans a priori.

dimanche 31 juillet 2011

Le 1er août au Bénin…encore une journée de leurres ?

Ca fera 51 ans le 1er août 2011 que la République du Bénin, ex Dahomey, a accédé à l’indépendance. Ce petit pays de l’Afrique de l’Ouest a dès lors connu une histoire tumultueuse avec des hauts et des bas. On retiendra qu’à l’une de ses heures les plus sombres, le peuple a su trouver, par un système de conférence nationale souveraine, une ingénieuse manière pour remettre le pays en selle. C’était en février 1990.

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Aujourd’hui, les acquis de cette révolution en douceur s’estompent, les ardeurs et les espoirs suscités se sont émoussés. Démocratie, liberté de presse, élections transparente, bonne gouvernance, quartier latin d’Afrique…ce sont des termes dont on aime se gargariser sur place et qui ont de moins en moins de sens.

Le lundi 1er août, la commémoration de l’indépendance se fera avec faste à Natitingou, une ville phare du Nord-ouest du pays, à plus de 700km de la côte. La fièvre des préparatifs est perceptible et annonce, pour ce cycle annuel, la liesse patriotique circonstancielle dans un éclat de défilés, de discours et de spectacles. On s’attend donc à un long weekend de fête qui a commencé vendredi avec ce qui est localement appelé la « journée continue » : l’administration travaille en continue de 8h à 16h. Des conjectures annoncent que le mardi 2 août pourrait être férié in extrémis sur décision des autorités. C’est de coutume aussi.

Pourtant les béninois vivent depuis 5 ans, une situation de morosité économique quasi générale marquée par la vie chère, la corruption et des tensions politiques.

C’est dans ce contexte, qu’il y a un an, l’affaire ICC service encore appelée « affaire Madoff à la béninoise » a éclaté. Près de 200 millions de dollars ont été escroqués auprès de milliers de citoyens épargnants, par des établissements financiers sur fond de promesse de taux d’intérêts mirobolants. L’affaire est survenue avec la complicité coupable de certaines autorités.

Le gouvernement actuel a fait des promesses de remboursement mais les victimes de cette grosse arnaque attendent toujours et beaucoup de zones d’ombre demeurent.

Les dernières élections présidentielles et législatives n’ont rien arrangé, s’étant déroulées dans un cafouillage monstre, bien orchestré, remettant en cause la crédibilité et la faiblesse de notre système électoral et révélant notre grande fermeture à une démocratie moderne porteuse d’espoirs. Espoirs transformés en abîme de désespoirs pour une jeunesse désemparée soumise au chômage, ne sachant où donner de la tête, obligée qu’elle est de s’abreuver à la source des promesses sans lendemain et de prêter le flanc, par dépit et par nécessité de survie, aux jeux des « politiciens » aveugles et égoïstes à la recherche du personnel actif pour leurs desseins électoraux.

A la veille de la fête de l’indépendance, les nouvelles ne sont pas meilleures. Bien au contraire. Le classement 2011 des économies de tous les pays pour le magazine américain Forbes met le Bénin dans les 10 « pires dégradations économiques de ces trois dernières années », avec, une croissance de son PIB retombée de 4%à 2,5%.

Les défis sont grands pour relever le pays de cette ornière.

Les béninois attendraient-ils toujours l’homme providentiel ?

lundi 11 avril 2011

Elections présidentielles au Bénin, une bonne claque à la "démocratie"

Cet article du Père Alphonse Quenum résume très bien la situation. Difficile de ne pas tomber dans le pessimisme après ça.

Gouvernance au Bénin : une régression préjudiciable

Écrit par Père Alphonse Quenum

J’avais voulu faire paraître cet article dans l’organe public lundi 4 ou mardi 5 avril, mais ne l’ayant pas vu paraître, je l’envoie aux organes de presse privés.
Faut-il parler ? Faut-il se taire ? Ma conscience me l’ordonne : il faut oser parler pour ne pas être complice de ce qui m’apparaît comme une trahison de l’histoire brillante quoi que par moments incertaine de la terre de nos pères, le Dahomey devenu le Bénin. Il faut parler parce que les dernières élections laissent perplexe, honteux. Elles maculent la figure enviée de notre démocratie et nous ramènent à 30 ans en arrière. C’est peu dire. Les actes sont grotesques et maladroitement inachevés en leur déploiement. Cela ne fait pas honneur à l’intelligence pratique du peuple béninois et à son patriotisme modéré.

1. Tout semble avoir été ficelé de loin par le tiers intéressé actionnant des acteurs qui se sont faits proches par représentation diplomatique ou par générosité calculée. Il faut regarder du côté de l’ambassadeur de France resté sur place pour achever sa mission pour des élections utiles ; il faut aussi regarder du côté de l’Union Européenne et du système des Nations Unies où l’on a sablé le champagne même pour une LEPI bâclée. Il faut enfin regarder du côté de ceux qui prennent d’assaut les installations portuaires de la côte ouest-africaine aux prix les meilleurs en contribuant à fabriquer les chefs d’Etat : tout convient, hélas, à cette fin. Même le grand Nigéria de Goodluck qui sollicite une place permanente au Conseil de Sécurité, s’est illustré dans un petit rôle en venant acquiescer le malfaire. La pseudo-démocratie préparée pour cette stratégie explique le caractère cavalier et arrogant des acteurs du-dedans. Ils sont nos frères. Cependant leurs attitudes n’honorent guère ce pays qui a fait tancer gouverneurs et administrateurs durant la période coloniale en gardant la tête haute sans d’autres fortunes que celles de son intelligence et de son souci de quête de respect.
Les choses ont été trop faciles pour le diplomate français. Nos pères étaient plus coriaces. On comprend que ces acteurs du-dehors aient été les premiers à envoyer des félicitations aux mépris du mal-être général qui engourdit le pays.

2. j’ai évoqué les acteurs du-dedans. Certains, à l’orée de leur vie publique, avaient fait croire qu’ils rêvaient d’une « Afrique debout ». On constate qu’ils intriguent pour la mettre à genoux au crépuscule de leur vie. Leur attitude ne surprend plus, d’autres étonnent parce qu’on les connaît mal. Dans tous les cas, les ressentiments inavoués, la boulimie du pouvoir et les appétits insatiables d’avoir ont sacrifié l’avenir de notre pays. Car celui-ci ne peut pas être, pour les jeunes d’aujourd’hui et de demain, du côté où on a précipité les choses.

3. Les résultats étant acquis à 53% avant même les élections pour celui qui ne devait pas connaître un second tour, les élections ne pouvaient être qu’un prétexte. On comprend pourquoi les grands acteurs ne s’embarrassaient pas de scrupule. On a dit que beaucoup d’argent a circulé. Il est évident que notre peuple ne retrouvera jamais cet argent pour son développement. Ceux qui le donnent savent comment ils le récupèrent. 4. Vous comprenez alors pourquoi, en amont et en aval, il n’y avait aucune considération pour le peuple béninois et que le droit a été piétiné tantôt avec morgue et arrogance, tantôt avec cynisme et violence. Le moins qu’on puisse dire c’est que ce n’est ni beau, ni grand pour personne. On ne peut entrer dans l’histoire à reculons. Je comprends le mépris de ceux qui ont plaisir à se jouer de nous. Mais je comprends bien moins la traîtrise de ceux qui se sont prêtés à ce jeu en cassant ce qui s’essayait tant bien que mal, sur cette terre béninoise, pour assurer des raisons de vivre chez soi pour nos enfants, nos petits enfants et arrière-petits enfants.

Il ne faut pas sous-estimer ce qui advient sous nos yeux : c’est une régression dangereuse, un appauvrissement préjudiciable et une descente subtile vers une dictature programmée. Le modèle qui l’inspire n’est pas loin, c’est le modèle togolais. Il faut en être conscient. Je voudrais ne pas être un prophète de malheur.
En décembre 1974, face à un marxisme-léninisme incongru adopté par le PRPB pour le Bénin comme guide philosophique, j’avais dit que « l’Afrique avait mieux à faire que de mimer un monde fini ou finissant ». On a vu la suite. En Côte d’Ivoire, un an et demi avant la crise, en septembre 2001, j’avais écrit que « ce pays était « une poudrière en sursis » et que, si l’expression était trop forte, il fallait convenir que le feu couve sous la cendre ». Voyez les effets. Il vaut mieux prévenir que d’avoir du mal à guérir. Cela est un devoir pour tous. Ceux qui ont leurs intérêts rivés à leur ventre, y perdront autant que nous tous.

lundi 20 septembre 2010

Afrique mon Afrique

Cinquante ans d'indépendance volée... Je reviens aujourd'hui à mon blog avec ce poème militant et exorcisant

"Afrique mon Afrique"

"Afrique Afrique mon Afrique Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales Afrique que chante ma grand-mère Au bord de son fleuve lointain Je ne t`ai jamais connue Mais mon regard est plein de ton sang Ton beau sang noir à travers les champs répandu Le sang de ta sueur La sueur de ton travail Le travail de l'esclavage L`esclavage de tes enfants

Afrique dis-moi Afrique Est-ce donc toi ce dos qui se courbe Et se couche sous le poids de l'humilité Ce dos tremblant à zébrures rouges Qui dit oui au fouet sur les routes de midi

Alors gravement une voix me répondit Fils impétueux cet arbre robuste et jeune Cet arbre là-bas Splendidement seul au milieu des fleurs Blanches et fanées C`est L'Afrique ton Afrique qui repousse Qui repousse patiemment obstinément Et dont les fruits ont peu à peu L’amère saveur de la liberté."

Poème de David Diop (Coups de Pilon)

mercredi 11 février 2009

Mon projet de promotion de la musique vodou

La musique vodou recèle des sons, des rythmes, des chorégraphies, des couleurs aptes à renouveler les univers actuels de la musique, la danse, le design, l'art, la mode… Fort de cette conviction,
j’ai monté le label ORISHAL avec des amis.
L’objectif du projet est de faire découvrir la richesse de la musique sacrée du Vodou.

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C’est ainsi qu’en 2008, dans tout le Bénin, le pays d’origine de cette culture, nous avons organisé le premier festival international de la musique vodou. Avec la permission des dignitaires et autorités du Vodou, nous avons fait sortir des villages et des couvents un superbe univers musical, inconnu du grand public, porteur d'émotions nouvelles et d'incroyables énergies. Les deux groupes lauréats du Festival : HOUNSA LOVE et DJOVAMON ont été produits à la fin du festival.

Enregistré au Bénin et édité en France en novembre 2008, ce CD fait sortir d’Afrique, pour la première fois, une musique ensorcelée et ensorcelante. C’est un héritage transmis de génération en génération, depuis la nuit des temps.
Vivant, combattu mais tenace, en partie dévoilé mais demeurant largement secret, le vodou imprègne fortement la vie de dizaines de millions de personnes dans le monde. Son univers culturel, ses croyances et ses rites symboliques constituent à la fois un immense patrimoine, une religion, une culture, une esthétique, un mode de vie…

jeudi 4 décembre 2008

Mon premier vote en France !

Eh oui ! j’ai voté hier pour les élections aux prud’hommes. C’est une première pour moi, après plus de quatre années en France. J’ai voté in extremis, car jusqu’à la veille, je me croyais non inscrit. Je n’ai en effet pas reçu ma carte électorale…Seulement, une collègue a eu la présence d’esprit d’aller consulter le site officiel. Il nous est apparu qu’on pouvait aller voter sans carte d’une part et que l’inscription était faite à l’occasion des déclarations sociales (faite par l’employeur) d’autre part. J’ai donc été très heureux de voir mon nom inscrit sur la liste consultable sur internet.

Ce votre, le premier en France est pour moi très important. D’abord parce que c’est un devoir de citoyen. Ensuite, j’ai mis un grand point d’honneur à accomplir ce droit/devoir en France où mon existence est suspendue à un hypothétique titre de séjour que je dois renouveler chaque année, souvent au prix d’interminables et d’humiliantes péripéties. C'est donc une façon de faire entendre ma petite voix.

J’ai donc voté, et comme je ne connaissais pas bien le milieu syndicaliste, j’ai donné ma voix à un syndicat connu. Ce dernier s’étant illustré ces derniers temps dans la défense des sans papiers travailleurs.

Un seul bémol à signaler, l’isoloir, à mon goût ne respectait pas tant que ça la confidentialité. Une fenêtre attenante en vitre, éclairée à l’intérieure, pouvait laisser voir ce qui rentrait dans les enveloppes à des yeux indiscrets de l‘immeuble en face. Mais tant pis, je suis content d’être allé voter.

lundi 10 novembre 2008

Ces petits animaux du soleil

Je souhaite vous faire découvrir : trois animaux « typiques » de mon pays qui sont chacun une histoire à eux seuls. J’ai eu du plaisir à les redécouvrir l’été dernier lors d’un voyage au Bénin

Il s’agit des fourmis magnans, du margouillat qui fait ses pompes au soleil, et de la poule bicyclette

Les magnans : ce sont des fourmis voyageuses encore appelées fourmis légionnaires. Ces fourmis de régions tropicales se déplacent en longues colonnes bien organisées. La reine et les ouvrières sont au centre, les soldats sont sur les côtés et en tête du convoi. C’est souvent très difficile de déterminer le début et la fin du cortège, tellement il s’étend, et serpente dans la brousse.
Attention à ne pas se retrouver au milieu de cette procession qui n’a rien de sympathique. Ces petites bêtes pourraient bien s’attaquer à vos pieds s’ils restaient immobilisés. Ces fourmis s’avèrent être de redoutables soldats…
Découvrez une courte vidéo des magnans que j’ai eu l’occasion de filmer à Abomey Calavi à quelques dizaines de kilomètres de Cotonou.

Le margouillat sportif : c’est une sorte de lézard de pays chaud comme le Bénin. Je connaissais cet animal depuis ma tendre enfance et pourtant, j’ai pris plaisir à le redécouvrir lors de mon dernier voyage au pays.
Le margouillat court sur les arbres et les murs, se nourrit d’insectes comme les fourmis. Son passe-temps (c’est justement le cas de le dire) est de lézarder au soleil mais lui il fait aussi ses pompes, il est trop fort.
Eh oui, à ces heures perdues (c'est-à-dire très souvent), le margouillat prend appui sur ces pattes postérieures, se redresse et fait des flexions et détentes avec les pattes antérieurs.

IMG_0256.JPG

Le poulet bicyclette : est ainsi appelé un poulet élevé naturellement à la basse-cour et servi dans un plat copieux. Ce poulet à la particularité d’avoir une chair très ferme et succulente…
Pourquoi cette dénomination ? Il semblerait que la poule ou le coq élevé librement court dans le village, de concession en concession et picore par-ci par-là…D’autres conjectures affirment que ces oiseaux ainsi élevés courent souvent derrière les bicyclettes du village... Voici instant immortalisé où une poule et ces poussins faisaient le tour du village en quête de grains. IMG_0290.JPG

Et si vous le souhaitez, un tour dans les images du Bénin.

samedi 16 août 2008

Un poème à méditer

Souffle, c'est le titre de ce poème de Birago Diop


Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des ancêtres.

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans l’Arbre qui frémit,
Ils sont dans le Bois qui gémit,
Ils sont dans l’Eau qui coule,
Ils sont dans l’Eau qui dort,
Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :
Les Morts ne sont pas morts.

Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des Ancêtres morts,
Qui ne sont pas partis
Qui ne sont pas sous la Terre
Qui ne sont pas morts.

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans le Sein de la Femme,
Ils sont dans l’Enfant qui vagit
Et dans le Tison qui s’enflamme.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans le Feu qui s’éteint,
Ils sont dans les Herbes qui pleurent,
Ils sont dans le Rocher qui geint,
Ils sont dans la Forêt, ils sont dans la Demeure,
Les Morts ne sont pas morts.

Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Souffle des Ancêtres.

Il redit chaque jour le Pacte,
Le grand Pacte qui lie,
Qui lie à la Loi notre Sort,
Aux Actes des Souffles plus forts
Le Sort de nos Morts qui ne sont pas morts,
Le lourd Pacte qui nous lie à la Vie.
La lourde Loi qui nous lie aux Actes
Des Souffles qui se meurent
Dans le lit et sur les rives du Fleuve,
Des Souffles qui se meuvent
Dans le Rocher qui geint et dans l’Herbe qui pleure.
Des Souffles qui demeurent
Dans l’Ombre qui s’éclaire et s’épaissit,
Dans l’Arbre qui frémit, dans le Bois qui gémit
Et dans l’Eau qui coule et dans l’Eau qui dort,
Des Souffles plus forts qui ont pris
Le Souffle des Morts qui ne sont pas morts,
Des Morts qui ne sont pas partis,
Des Morts qui ne sont plus sous la Terre.

Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Souffle des Ancêtres.

mardi 10 juin 2008

« Vaudou Mots-zic »

vaudou_mots_ziks.jpgUn jeu de mots qui porte en soi la quintessence, d’une création musicale hybride franco-béninoise. C’est cette création qui a regroupé l’artiste béninois Sergent Marcus et les musiciens d’Archimusic, le vendredi 6 juin à l'Atelier du Plateau dans le 19ème à Paris.
Ce fut un spectacle fait de joute verbale improvisée, de déclamation bien rimée (Rap, Slam) sur un fond musical agréablement orchestré. Contrebasse, clarinettes, trompettes, saxophone, batterie, djembé…ont su trouver, grâce à des mains talentueuses, une parfaite harmonie, parfois traînante, parfois rythmique…
Les applaudissements nourris du public durant tout le spectacle était à la mesure de la dextérité des artistes. Leur habileté à passer du fon (langue béninoise) au français, du classique à un rythme métissé dénote de la bonne complicité qu’ils ont réussi à établir entre les cultures béninoise et française. Ce spectacle est une suite du festival Paris/Cotonou qui a fait revivre l’ancien Ciné Vog de Cotonou pendant plusieurs soirées. Et le spectacle de Paris a sonné comme un hymne à la gloire de Cotonou, dont les symboles et les attraits ont été particulièrement chantés.
« Vaudou Mots-zic » sera à nouveau présentée le samedi 14 juin au Théâtre d’Ivry, dans la banlieue de Paris.
Un seul bémol, le terme Vaudou ici utilisé n’a été qu’un titre générique et rien de plus.

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